Rassegna storica del Risorgimento

1848 ; AUSTRIA ; LOMBARDO-VENETO ; FRANCIA
anno <1955>   pagina <210>
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210 Ferdinand Bayer
Baudin. L'alarmc fut extrème à Vienne et De Lacour le dit le 25 mai; il en profitait pour presser les gonvernants autrichiens de négocier et ofi'rait les Services de la Franco sous certaines conditions pourtant: On nous trouvera toujours disposés à concourir à un arrangement qui consacrerait la pleine indépendance des provinces lombardo-vénitienues et le droit pour ces popu-lations de s'oTganiser politiquemeat elles mèines, de se donner un gouveme-ment national. D'ailleurs le bruit court à Vienne que l'Autriche aurait recu. d'un gouvemement ami le conseil de s'eutendre surtout avec le nouveau gou-vcrncment fYaneais et d'accepter franchement sa mèdiatio u pour le réglement des affaires d'Italie. Sa dépéche eut cette fois un écho à Paris.
Depuis le 11 mai, Lamartine, élu par l'Assemblée Nationale membro de la Gommission Executive, avait cède la direction do Ministère des Affaires Etrangères à l'homme qui y avait été son secrétaire general, Jules Bastide, Le nouveau ministre avait le mème programmo que son illustre prédécesseur: éviter une guerre européenne, mais, en armant la France et en consolidaut la Républiquc à l'intérieur, se donner les moyens de libérer les peuplcs asservis en Europe par la réunion d'un grand congrès. Par contre Bastide n'avait plus la superbe Iiberté d'action dont Lamartine avait bénéficié pendant deux mois et demi; il subissait le contròie parlementaire de l'Assemblée et de son Comité des Affaires Etrangères. Or, le 24 mai 1848, celui-ci, au terme d'une discussion qui avait dure plusieurs séances, proposa à Punanimité une ré-solution que l'Assemblée vota de mème: il y était dit que l'Assemblée Natio-naie invite la Gommission Executive à continuer de prendre pour règie de sa conduite les voeux unanimes de l'Assemblée résumés dans ces mots: Pacte fraternel avec l'Allemagne, Reconstitution de la Pologne indépendante et libre, Affranchissement de l'Italie. Corament réaliser cette politique dans la péninsule italienne ? L'armée francaise était renforcée, mais Turin rejetait son appui. Bastide ne pouvait agir que par la négociation; il écrivit à De La­cour le 6 juin: Partout la fortune se déolare contre l'Autriche. Le temps des hésitations est donc passe et si le cabinet de Vienne, se résignant enfin au sacrifice de ce qui lui reste encore et ne peut manquer de lui écbapper, voulait entamer des négociations pour régler uniquement (la seule chose qui soit peut-ètre encore possible), les conditions financières et commerciales de cet abandon, il serait urgent qu'il s'y décidàt. Dans le cas où, corame on parait le lui avoir conseillé, il jugerait à propos d'en appelcr à nos bons offices pour faciliter un accomodement, nous les emploierions volontiers, ainsi que vous l'avez très bien laissé cntendrc.2)
Le moment d'une démarche francaise était-il arrivé ?
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Les ministres autrichiens des Affaires Etrangères, Ficquelmont jusqu'au 3 mai, PHIersdorf à titre intérimaire, puis Wesscnberg regardaient plus vo­lontiers du coté de Londres que vers Paris. Peut-ètre, plus que par ces titu-laires changeants, la continui té de la politique imperiale futelle assuréc par les bureaucrates et nolamment par Lebzeltern, sous-secrètaire pennanent.2)
*) Ct Arch. Aff. Etr, Paria - Aiitrichc, Corr. Poi., no 435, fo 203 (25 mai) et 230 (6 juin). 2) Cf. R. MOSCATI, La diplomazia europea e il problema italiano nel 1848, p. 36.