Rassegna storica del Risorgimento
1848 ; AUSTRIA ; LOMBARDO-VENETO ; FRANCIA
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1955
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Le problème de Vltalìe du Nord dans les relation*, ecc. 211
Or, le 23 mai, le consciller aulique Cari von Hummelauer, envoyé à Londrcs avec des instructions orales regues de Pillersdorf et écritea rédigées par Leb-zeltern, presenta à Palmerston un projet d'un royaume lombardovénitien autonome, mais sous la suzeraineté de l'Empereur. Le ministre anglais jugea très insuffisante cette offre et, le 24 mai, Hummelauer apporta, à titre de suggestion personncUc, un texte qui stipulait l'abandon de la Lombardie par PAutricbe, tandis que la Vénétic dcmeurait dans l'Empire avec un statut d'autonomie. Le 3 juin Palmerston informa l'envoyé autricbicn que l'Angle-terre proposerait sa médiation seulement si l'Autricbe renoncait, en méme temps qu'à la Lombardie, à certaines portions de la Vénétie. Hummelauer revint donc le 13 juin à Innsbruck où, fuyant l'agitation de Vienne, l'Empereur et quelques ministres, dont Wessenberg chargé des Affaires Etrangères, s'étaient fixés depuis le 18 mai.
Cepcndant De Lacour, sur de l'approbation de Bastide, avait pria l'ini-tiative d'une démarche solennelle. On disait à Vienne, écrivait-il le 4 juin, que Radetzky était près de vaincre d'une facon eclatante, mais on craignait que Parmée francaise n'accourùt au secours de la Lombardie menacée; aussi assuraiton que cette satisfaction obtenue pour l'konneur du drapeau, on ne songe pas le moins du monde àia pousserplus loin..., qu'on voit clairement le danger, l'ini possibilité de rétablir la domination dans ce pays et qu'on se montrera encore plus dispose après la victoirc qu'avant à entrer en négocia-tion avec les insurgés. Le ministre provisoire des AfTaires Etrangères s'est exprimé avec moi dans le méme sens aussi explicitement que sa réserve habi-tuelle et celle qui résulte encore de sa position incertaine lui permettent de le faire. De Lacour répondait à ces dires en réclamant une déclaration offi-cielle et des actes, mais, disaitil, il n'y a en Autriche ni gouvernement ni politique en ce moment. Le 7 juin, le représentant de la France relatait les bruits d'une offensive et de premiers succès de Radetzky; *) il répétait le dilemme par lequel il espérait agir sur le gouvernement imperiai: ou vous allez, en poussant une offensive violente contre Milan et Venise, déclencher l'intervention francaise appelée par les Italiens, ou bien vous oflxez de négo-eier et la France vous aidera s'il s'agit de satisfaire les prétentions légitimes à notre avis des peuplcs de cette contrée et de leur garantir ce que nous regar-dons comme des droits incontestables. De Lacour sentait que le Cabinet Imperiai espérait vaguement quelque retour de fortune qui lui permettrait de marchander sur le prix. Aussi décida~t-il, après avoir eu à Vienne une conversation très expHcite avec le président du conseil Pillersdorf, d'aller à Innsbruck voir Wessenberg.
Une dépéehe de quatorze pagcs,a) écrite par De Lacour à Innsbruck le 13 juin, contient le réeit des deux entretiens qn'il eut avec Wessenberg. Celui-ci accorda Pentrevue demandée avec un empressement remarquable et... d'heureux augure. Ce devait ètre le 10 juin. De Lacour exposa au ministre le dilemme: risque grave de guerre avec la France ou négociation avec les Italiens; cette seconde alternative était conforme aux désirs de l'opinion
1) CU Àrdi. Aff. Etr. ParJB - Autriche, Corr. Poi., no 435, fo 224 (4 juin) et 231 (7 ). En fa il le premier succès de Radetsky fot obtenn le 10 juin par la priae de Viceno.e>. 2J Cf. Ibid., fo 236-243.