Rassegna storica del Risorgimento
1848 ; AUSTRIA ; LOMBARDO-VENETO ; FRANCIA
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1955
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214 Ferdinand Boyer
crii retrouver dans la rèsene que M. de Wessenberg mettait à engager l'opinion de son gouvernement à cet égard, Vexpression d'une arrière pensée que j'avais déjà entrevue dans la conversation que j'avais eue à Vienne avec le Président du Ministère relatìvement aux affaìres d'Italie, savoir que VAutrìche ne répugnerait pas à continuer la guerre avec Charles Alberi seul après avoir séparé cette querelle de la questìon de l'indépendance de l'Italie: elle se flotte d'arriver de cette manière à tìrer satisfactìon des griefs girelle a contre lui. C'est, cornme on le voit, dans ce cas et dans celui Telati/ au partì à prendre à Végard des provinces vénitiennes, toujours le meme système, la mime tactique aussi profitable dans la politique et dans le gouvernement intérieur de VAutrìche qu'à la guerre: diviser ses aàversav-res ou les mettre aux prises afin d'en triompher. On ne petit gu'avoir la convic-tion que efesi encore Vespérance que nourrit aujouroVhui VAutrìche quand on enlend les hommes politiques de ce pays insister à plaisir sur les jalousies, les rivalités d'Etat à Etat, de province à province, de ville à ville, le vieil antagonismi', entre Guelfes et Gibelins qui ont tellement influé sur Vétat social et politique de VItalie et semblent devoir éternellement empècher qu'il arrìve à la centralisation et à Vanite. Le Gouvernement de la République, qui doit connaitre mieux que ce n'est le cas à Vienne Vétat de Vesprìt public dans la partie supérìeure de la pé-ninsule, jugera jusqu'à quel point les illusions du Cabinet de Vienne ont chance de devenir des réalités et s*il convieni de les encourager ou de lui renare le servicé de lui ouvrir les yeux à cet égard.
Wessenberg termina en assurant que le chargé d'affaires d'Autriche à Paris allait xecevoir l'ordre de communiquer à Bastide ces déclarations en forine de memorandum.
La clémarciie de De Lacour eut donc, semblctil, un resultar, tangiblc: les nouvelles offires autrichiennes à Milan, mais le diplomate fraucais n'oflrit pas une médiation: je me suis gardé, disaitil, de prendre sur ce point une ini' dative qu'on aurait peni otre déclinée. Cette médiation dont VAutrìche aura grand besoin dans le cas dont il s'agit, elle Vaccueillera avec conjiance venant de VAn-gleterre et j'ai lieti de croire que Voffre et Vacceptation sont déjà une affaire faite depuis quelque temps. Lord Ponsomby, qui a eu immédiatement connaissance de la démarche que j'avais jugé à propos de tenter tant à Vienne qu'à Innsbruck, m'a dit qu'il avait pour instructions de seconder de son influence tout ce que je serais dans le cas de fair e en ce genre. Sur la questìon des sacrifices à demander à VAutrìche, il pense qu'il faut faire en sorte de ne pas en étendre les limites et il Vapprouve de penser à garder Venise qui y trouverait également son projit. Je tiens de quelqu'un que j'ai lieude croire exactement informe que d'est en effet l'opinion de Lord Palmersjon, mais qu'il est le seul de cet avis dans le cabinet anglais.
On cliercherait en vain dans les paroles du représeutaut de la République Jjrancaise à Vienne, tout comme dans ses dépèches précédentes, une allusion à une conipensation territoriale pour la France et encore moins un veto à la fusiou lombardo piémontaise. L'errcur commise par l'historien Chiala est grande. De Lacour s'est toujours esprime en avocat sincère et désìntéressé des revendicationa italiennes. Il confirma sa position dans un troisième en* treticn avec "Wessenberg avant de revenir à Vienne le 19 juin.
Il y re cut bientdt la reponse de Bastide en date du 24 juin. Le ministre approuvait chaleurcuBcment Pinitiativc et le langage do De Lacour et
U CE. IbicJ-, fo 261.