Rassegna storica del Risorgimento

1848 ; ECONOMIA ; MOVIMENTO OPERAIO ; SAVOIA ; SOCIALISMO
anno <1955>   pagina <306>
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Paul Guichonnet
caractère de grande industrie, pas plus que l'horlogeric qui, tribù taire de Genève, donne de l'ouvrage à un millier de personnes en Faucigny. Àu total, il est douteux que la metallurgie et ses dérivés aient occupé plus de 2.000 individua, vera 1848. *)
Plus vigoureux nous apparato le textilc. L'origine des fabriques remontc, dans la généralité des cas, au Premier Empire qui, à l'epoque du Blocus Con­tinental, cncouragea la création de nombreuses entreprises dans les bàtiments religieux vendus sous la Revolution cornine bicns nationaux. Àlors que beau-coup de ces organismes ne survécuxent pas en France, après 1815, le protec-tionnisme de la monarchie sarde leur permit, en Savoie, de végéter, suxvant l'expression de Madame G. Veyret, dans un climat d'abri.3) Mais Gomme le Piémont constituait, en Europe, un ìlot de vie chère, que les matieres premières étaient grevées de lourdes taxes d'entrée, la vie industrielle n'était possible qu'à deux conditions: une politique gouverne-mentale de dégrèvements fiscaux aux manufacturiers3) et l'abaissement des salaires ouvriers. Ces conditions étaient typiquement réalisées dans le textile.
Le travail de la soie, concurrencé par Lyon et l'Italie septentrionale, n'était pratiqué, en 1847, que dans deux grosses entreprises, l'usine Blanc et Duport à Faverges et la fabrique de gazes Martin-Franklin, à Chambéry, forte de 200 employées. L'industrie lamière qui reclame un équipement coù-teux, restait également en sommeil. Aimé Ferraris note qu'en 1847 l'art de la draperie est, en Savoie, à peu près ce qu'il était en France en 1814 et que la Savoie est encoreitributaire de la France pour ses draps fins, tandis que le Piémont vient jusqu'au coeur de sa capitale et de ses provinces piacer ses produits. 4) Le tissage, localisé autour de Chambéry, donnait de l'ouvrage à 200 ouvriers, dans trois fabriques, tandis que la filature des laines du pays était éparpillée dans la haute vallèe de l'Arve (Sallanches-Chamonix), à Rumifly, en Maurienne et en Tarentaise. Au total, l'industrie lamière savo-yarde occupait, en 1847, 800 travailleurs; elle transformait annuellement 183.000 kg de lainc en 200.000 mètres de draps dont les deux tiers étaient écoulés en Savoie et le reste en Piémont. Mais c'est bien le groupe cotonnier qui constituait la plus robuste individualité et qui avait permis, dès le début du XrX*"" siede, la création d'une grande industrie. L'ensemble était d'ailleurs fort inégalement reparti. s) Une dizaine d'ateliers n'avaient pu s'élever au stade de la fabrique et occupaient, globalement, 200 personnes environ, soit à peine le dixième des travailleurs de la puissante manufaoture d'Annecy.
i) Oo lira une oxccllente vue d'ensemble sur la metallurgie en Savoie et dans le reste des ÀlpeB, au milieu du XIX*m siede, dans la thèse de G. VeyretVernor pi], pp. 56 sq>
2> no, P, 96.
3) Ferraris note dane aon elude De l'Industrio ci de Vagrieulture en Savoie, in Indicatali-du Duchi do Savoie pour 1847, p. 289 qu'un négociant paio rarement plus d'un frane pour IOIIH droits de potente pcrsonncUoa ot mobilière.
*f Ibidem.
5) Cf. G. VJsyjKET-VEUNEn UH, pp. 80 sq.
*) Ces établissements sont sitnés à Thonou, La Roche, Contamine sur Àrve, 3Tillingcsr Sallanchee, Rumilly, Thòncs, Chambéry flt Saint Jean de Maurienne.