Rassegna storica del Risorgimento

1848 ; ECONOMIA ; MOVIMENTO OPERAIO ; SAVOIA ; SOCIALISMO
anno <1955>   pagina <307>
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Quelques aspects de la question ouvrière, ecc. 307
LA, PILATURE DE COTON D'ANNECY.
Aux oxigines de cette enorme affaire, pièce maitresse de l'industrie sa-voyarde d'avant l'Annexion, nous trouvons la conjugaison de deux éléments favorables: la p lussante personnalité d'industriels novateurs et la force mo­trice dea eaux du Thiou, émissaire abondant et régulicr du lac d'Annecy. *) En 1804, Jean-Pierre Duport, de Termignon en Maurienne, forme à Fècole de la fabrique lyonnaise, ouvre une filature de coton dans le clos désaffecté du couvent des Clarisses qui avait été acguis à vii prix par la bande noire des spéculateurs sur les biens nationaux. Equipée d'une ckute de deux mètres de liaut actionnant une roue hydraulique de 25 mètres de diamètre, la manu-facture pratiquait la filature, le blanchiinent, la teinture, l'apprèt et le tis-sage du coton. Duport capitarne d'industrie, sur lequel nous ne savons mal-beureusement presque rien, introduisit, un des prcmiers en France, les ma-ehines à filer anglaises pour les cotons moyens du numero 45. Son affaire se développa immédiatement et, en 1806, elle employait déjà 450 personnes de tous àges et 700 en 1812. Les bàtiments s'étendaient sans cesse, tant à Anne-cy que dans l'annexe de Cran et, dès le début, Duport réussit à evincer les rivaux éventuels. Dans un mémoire de 1816, un citoyen d'Annecy, Maurice Perret, écrit qu'il a intérèt de rendre sa manufacture unique, pour éviter la concurrence et obtenir la main d'ouvre à vii prix. 2) Dès cette epoque, la question ouvrière se posait car le méme Perret uotait que les attroupements et les cris séditieux sortent dès un an de la boucbe des ouvriers de cette ma­nufacture. Alors qu'en France, après 1815, beaucoup de fabriques nées sous le regime napoléonien périclitèrent, la Restauration sarde renforca la position de Duport par sa législation protectionniste, cependant que les ma-nufactnriers compensaient l'élévation du prix de la matière première par une p antique de bas salaires. 3) Décorée du titre de manufacture royale, la filature obtint la concession de la mine de lignite d'Entrevernes et s'élanca sur la voie d'une prospérité croissante. En 1819, elle est forte de 760 ouvriers et de 13.680 brocbes de filature, fournissant annuellement 165.000 kg de filés et 9.520 pièces d'étoffe. Tandis que Duport et ses fils montent, à Faver-ges, une manufacture de soieries, ils introduisent à Annecy le travail de la laine en 1822 et, en 1828, leur affaire occupe 900 filateurs et 250 tisseurs.
G'est précisément en 1828 que se place un tournant décisif dans i'bistoire de la manufacture qui passe aux mains d'un nouveau propriétaire M. Laeuffer. Tout commc pour J. P. Duport, on aimerait connaìtre en détail la formation, l'action et l'ascension sociale de ce pionnier qui devait faire de la manufacture d'Annecy une affaire colossale, aux dires mèmes des contemporains. Mais cornino il arrive presque toujours en semblable cas au cbercheur d'bistoire
1) On trouvera un développement remnrquable sor Ics conditions ds la prospérité èco nomi irne d'Annecy, in BLANCHARD (RAOUL) V]. Sur la manufacture d'Annecy, oufcre les an-nuaircs BtnU-iucjiies, des détuUs datu BAHIJIKR [111]; VBYHET-VHRNan [II]; FOSSATI [IV]. J'nì égaleznent utilisé un mémoire inédit de Mndomoiselle Georges [VI].
2) On trouvera ce textc, avoc des dettala sur la vie publicrae il Annecy à la fin de l'Em­pire in DEPOLLIEH (LOUIS), Un épisode de la vie d'Annecy en 1815; Annecy, Imp. Dépollior, 1944, 15 p. (Tirage à part de la Revue savoiaienno).
3) Sur la vie économique en Savoie cn 1848, ef. mon Uveo Le Faucigny en 1848; Genève, Kundig, 1949, pp. 65-71.