Rassegna storica del Risorgimento
1848 ; ECONOMIA ; MOVIMENTO OPERAIO ; SAVOIA ; SOCIALISMO
anno
<
1955
>
pagina
<
308
>
308
Paul Guichonnet
écono inique et sociali-, uous ne savons presque rien. Los archives de l'entre-prisc soni eloses, Ics dépòts publics fort pauvres ou inexplorés et Ics sources d'inibrmatiou se réduiraient à des stalistiques Lmpersonnclles, si un rarissime pamphlet violent réquisitoire contro la mantifacttire, n'apportata sur la vie de la fabrique cntre 1830 et 1870, une fonie de détails de première main. ') Issu d'une fami Ih; rliénane, de religion protestante, Laeuifcr s'était d'ahord iustallé à Carouge puis il ouvrit à Aunecy, dans une modeste cabanc du Pré Lombard. une échoppc de teùituriur, tandis que sa femme tra-vaillait de son état de blanchisseuse. 11 entra ensuite dans la manufacture de Duport comme ouvricr puis devint contremaitre, géraut de l'affaire et directeur general, lorsque les fondateurs se retirèrcnt. Etonnante carrière qui s'explique sans doute par des compete nces teclmiqucs et commerciales exceptionnelles car, cntre 1828 et 1860, la filature allait eonuaitre Fapogée de sa prosperate. En 1847, elle comportait une grande filature de cotou, un tissage mécanique de 226 métiers, 300 métiers à tisscr à la maìn et une importante fabrique d'indiennes. Il en sortait annuellemeut 200.000 kg de filés et 1.800.000 mètres de tissus de coton blanchis, teints ou imprimés. La manufacture employait 1.400 personnes dont Ics deux tiers à Aunecy et le reste aux cnvirons, comme faconniers. On estimait que le quart de la population urbaine y trouvait son emploi. En mème temps qu'il développait Aunecy, Laeuffer devenait également propriétaire d'un établissement similaire à Pont, dans la province d'Ivrée,2) ce qui faisait certainement de lui le plus gros manufacturier des Etats sardes. Ainsi, jusqu'en 1860, toute la vie annécienne se trouva dominée par l'enorme filature qui, bien qu1 entrée en dee Un après 1860, ne disparut pas et demeura longtemp une des bases de l'équi-pement industriel de la ville. 3) C'est sous le règne du nouveau propriétaire que la condition ouvrière qui avait déjà motivò des plaintes à l'epoque de Duport, allait empirer et poser un problème social aigu. Certes, la manufacture d'Annecy va nous présenter un spectacle de l'exploitation des travailleurs comme il s'en pouvait décrire une foule de semblables, vers 1848, dans toutes les grandes régions industrielles européennes et les célèbres enquétes faites en Franco, sous la Monarchie de Juillet, à propos du travail des enfants et de la misere des travailleurs urbains, ressembleront en tous points à ce que l'on constatata à Anneey. Mais le cas des filateurs savoyards était d'autant plus digne d'intérèt que les couditions politiques et sociales
0 Cf. BABDT (JEAN) PTII].
2) La raison sociale devint Manufacture d'Annecy et Pont. On trouvera des détails sur cette fabrique dans le livre do Fossati iVJ. En 1847, la manufacture de Pont était, d'après la notice qu'en donne Vlntlimteur <lu Duchi, scnsiblemcnt de la meme importance quo celle d'Annecy. Elle produisait annuellement 300.000 kg de coton file et 1.700.000 mètres de coton-nades et occupoit de 1.300 a 1.400 personnes.
3) La pnissance de la fabrique d'Annecy augmenta sana cesse et il semble que le maximum fot atteiut en 1858, unuóe où ses étoffes remporièront un grand succes à l'expnsi tion dea produits de l'industrie a Turin. Elle éait nlors forte de 3.000 onvriers et son équipement comportait 33.595 broches de filature, 998 métiers à tisser, 104 tablea a imprimer, animus par 5 ronca hytlrauliquci, 8 turbines et 4 maelùnes A vnpeur. 11 on sortait annuellement 665.000 kg. de coton file et 7 millions de mètres de tissus. En 1860, l'anncxinn do la Savoie à la Franco porta un coup très dur à la manufacture qui dut memo fermcr ses por ics en 1864. Elle rouvrit en 1866 avec 560 ouvriem et depili, tont en domeurant une solide affaire, elle ne retrouva jamais sa prospcrité da temps sardo.