Rassegna storica del Risorgimento

1848 ; ECONOMIA ; MOVIMENTO OPERAIO ; SAVOIA ; SOCIALISMO
anno <1955>   pagina <309>
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Quelques aspects de la question ouvrière, ecc. 309
da Buche contribuaient à Paggraver. Ces malheureux formaient nous Pavone dit, une miuorité isolée dans un milieu repulsi!'. Aux ycux de la population rurale, pauvre, elle aussi, mais de moeurs douces et paisibles, ou de la bour-geoise terricnne, imbue dee idées physiocratiques sur la supériorité de Pagri-culture et le dédain des oooupations industrielles, les ouvriers étaient consi-dérés comme un mal nécessaire, une piate sociale inéluctablc. D'autre part, sous la monarchie autoritaire de Charles-Albert, une contraiute de fer pesait sur les travailleurs, ce qui cxplicrue que nous n'-ayons ni gréves, ni émeu-tes graves à signaler. H n'existait pas, comme en France à la meme epoque, une presse relativement libre ou une tribune parlementaire qui pùt retentir de leurs doléances. Ainsi, maitre absolu dans sa fabrique, aux bàtiments in-violables, le patron était entièsement libre de ses actes. Aucune législation ne réglementait les conditions de travail ou de alaire des individus des deux sexes, qu'il pouvait embaucher dès qu'ils avaient Page de sept ans; aucune responsabilité ne pouvait étre imputée à Pemployeur en cas d'accident du travail ou d'invalidate. En faisant la part de la violence polémiqne et des anecdotes du pamphlet de Bar ut, on peut en extraire des données authenti-ques qui montrent clairement l'eflroyable condition dans laquelle végétaient les ouvriers annéciens.
La principale occupation de la fabrique éta;t la filature, exécutéc pax des mull-jennys ' anglaises et requérant les soins d'ouvriers spécialisés, les fileurs, placés sous la direction de contremaitres et, comme eux, souvent venus d'AUemagne. Chaque métier était servi par un fileur, payé aux pièces et gagnant, vers 1848, deux francs par jour en moyenne et par unmanoeuvre qui devait, à chaque instant, rattacher le fil lorsqu'il venait à casser. Il y avait grand intérét pour le fabriquant à employer des enfants à cette besogne cal­le salaire d'un rattacheur adulte, payé à la journée, était de 70 centimes en hiver et de 80 en été alors que, pour 14 heures de labeur, on donnait, pour le meme travail, 0 fr, 15 à une petite lille et 0 fr, 25 à 0 fr, 30 à un garcon, selon son habileté. Comme le fileur était payé aux pièces, il avait intérèt à presser le travail du malheureux enfant, pour augmenter la production. Puis, comme la demande croissait, on decida de faire tourner la filature sana arrèt, en al-ternant une semaine de travail de nuit et une semaine de jour. Le salaire des rattacheurs fut alors porte à 0 fr, 20, celui des rattacheuses a 0 fr, 25, cepen-dant que les femmes àgées recurcnt 0 fr, 60 au lieu de 0 fr, 50 et les hommes de peine, 0 fr, 90 en toute saison.
Vers 1850, une prime de rendement fut versée au fileur qui produisait hebdomadairement plus de 200 kg de filés, à charge pour lui d'en reverser 0 fr, 50 à son aide. Mais ces augmentations furent rcndues illusoires par tout un système d'amendes qui, pour les motifs les plus futìles somuolence sur le métier, inattention, croute de pain xongée en cachette, retard de quelques minutes pleuvaient sur les rattacheurs par les soins de féroces contremaitres,. comme cet allemand, Joanny Kicll, qui épouvantait les Annéciens par sa dureté, Hiver comme été, le travail commencait pour tous à 4 heures du matìii et se terminait à 8 heures du soir, coupé d'une seule heure de repos à midi, L'autorité du fileur sur le rattacheur, son auxuutire, était absolne en ma-tiare de discipline écrit Barut, et les enfants étaient roués de coups à la raoindre fante. Les chàthnents corporcls étaient, en effet, adiuis et les bleus il était recommandé de ne pas frappcr sur les maina, mais sur le corps