Rassegna storica del Risorgimento

1848 ; ECONOMIA ; MOVIMENTO OPERAIO ; SAVOIA ; SOCIALISMO
anno <1955>   pagina <314>
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Paul Guichonnet
mis eotis le boisseau et soigueuscrncnt. amia dans toutes Ics noticcs biographi-ques et bibliograpbiques consacrées au prélat. Le tcxte originai est actuelle-ment introuvable. Averti de son existence, nous avons fouillé en vaia les bi-bliothèques publiques et privées de Savoie, de la vallèe d'Aoste et de Turin pour mettre la main dessus. Heureusemeu t, le texte a été reproduìt in extenso en 1881 dans VAssoàation caiholique, la revue d'Albert de Mun où sont amas-sés tant de docunients sur l'histoire sociale de la Franco au XXXèmo siede.l) Cet écrit, qui a échappé aux recherr-hes étendues de Mr Duroselle, 2* ayant été reproduìt dans une collection d'accès assez difficile, ménte une analyse détaillée. Précisons, dès l'abord, qu'il n'y a aucun doute que le méinoirc n'ait été inspirò par le sort des troìs mille personnes employécs à la filature de coton d'Annecy car l'auteur exprime luimemo au Roi la crainte qui vient trou-bler notre consciencc. Nous redoutons qu'on ne nous accuse d'avoir voulu jeter de l'odieux sur des hommes honorables qui font fleurir l'industrie dans la ville d'Annecy. A Dieu ne plaisc 1 Rìcn ne pourrait èrre plus éloigné de notre pensée.
Nous n'avons pas de renseignements sur la genèse de la pensée sociale de Mgr Rendu, ni sur ses lectures, mais tout permet de penser que sa lettre à Charles-Albert, très élaborée dans la forme, rat précédée d'une étude appro-fondie des problcmes ouvriers en Europe. I/'éveque avait lu les enquétes sur le prolétariat francais et anglais, car il replace sans cesse le cas d'Annecy dans le contexte general des conditions créés à la main-d 'oeuvre par la grande industrie.
Chose assez singulière, son mémoire n'est point con cu dans la tigne et le style d'une lettre pastorale, demandant pour les ouvriers un meilleur traite-ment, au nom de la justice et de la charité chrétiennes. Il est redige dans un esprit plus juridique que religieux, plus pratique que spéeulatif. Pour l'au­teur, le point capital est le projet de règlement du travail industricl qu'il fot-mulait dans tous ses détails et dont sa dissertation ne constitue, au fond, que l'exposé des motifs.
Dès le début, l'éveque déclaie qu'il y a, dans la société, une situation nouvelle, un besoin auquel on n'a point encore pourvu. Politiciens, philoso-phes, économistes représentent comme placée en dehors de la société une classe nombreuse dont tous veulent s'occuper... Votre Majesté a compris que nous voulons parler du prolétariat. Mgr Rendu brosse ensuite avec vigueur le tableau du capitalisme industricl. Le thème centrai de son argumentation est que le travailleur est enticrement livré à l'arbitraire du manufacturier, car aucune loi ne le protege. La législation moderne n'a rien fait pour le prolétaire. A la vérité, elle protège sa vie en tant qu'il est homme, mais elle l'oubtie en tant que travailleur; elle ne fait rien pour son avenir, rien pour son alimentation, rien pour son progrès moral. Or l'amélioration néces­saire qui conduira l'Europe dans une voie nouvelle, doit partir de Charles-Albert et du Piémont car ce mouarque est le prototype du souverain catho-tique. L'auteur passe ensuite en revue la question ouvrìère dans les dUTérents états européens. Pour lui, le protestantisme avec sa pente naturelle vera
2) Il est vrai que M. Duroselle a limiti! eoa sujet à l'étude du catholieisme social en Fran­te et qu'il n'nvait à trai ter de la Savoie que pour la periodo postérieurc à 1860.