Rassegna storica del Risorgimento

1848 ; ECONOMIA ; MOVIMENTO OPERAIO ; SAVOIA ; SOCIALISMO
anno <1955>   pagina <315>
immagine non disponibile

Quelqiies aspects de la questìon ouvrière, ecc. 315
Pmdividualismc, sa dìsposition a favoriser le fort oontre le faible, le maitre contre le servrteur... , ne pourra apporter le xemède. C'est pourquoi PAn-gleterre qui la première aurait dù sentir le besoin de donner au travailleur une part un peu plus copieuse au banquet de la vie, ne le peut parce que Pin-térét matériel qui forme comme la teinte generale de sa morali té, s'oppose à ce que Fouvricr soit autre chose à ses yeux qu'une machine productive. Et de xappeler les vains efforts de lord Ashley au Parlement pour la réduction de la journée de travail et la réglementation du Pemploi des fenunes et des cnfants.
La Franco, essentiellement catholique dans ses croyances, ses moeurs et ses inclina tions ne pourra pas, non plus, résoudre la question car ceux qui font la loi dans ce pays sont plus ou moins dominés par des idées philosopkiques qui, portant nécessairement avec elles la négation de tonte croyance, ne laissent voir que le coté matériel de l'ho mute et la portion de vie qui le met en rapport avec la terre. D'où un divorce entre les masses et le gouvernement et, en matière sociale, une législation timide et hésitante: La France qui fait les lois n'est pas en parfait accord avec la France qui est obli-gée de s'y soumettre . Aussi, en dépit des efforts que fait dans ce moment le catholicisme pour suppléer au silence de la loi par la puissance de la charité, Passistance aux ouvriers reste du domarne prive, insuffisant au regard des immcnses besoins de la classe travailleuse.
Mgr Rendu s'élève avec force contre les développements de rindustrie qui ont produit des abus tellement odieux que, de Paveu de tons, il serait impossible de rien trouver de semblable dans les siècles de barbarie. L'opi­nion se passionne pour l'abolì tion de Pesclavage mais reste insensible à la détresse des ouvriers. On entend bien les gémissements des malheureux, mais on se tait parce que Pon craint la puissance de ceux qui pressurent Phu-manìté pour en faire sortir de Por. Le prélat décrit longuement le mécanis-me, parfaitement analysé, de Pentreprise capitaliste, dont le chef est omni-potent car la loi... ne penetro guère dans le sanctuaire de ses opérations. Dans notre siècle, le vaincu est celui qui n'a pas de Por et l'industriel règie en souverain les conditions du travail, le prue de la journée qui est pres-que toujours mesurée sur le strict nécessaire de la vie de l'ouvrier. H fixe corn­ine hon lui semble les heures de travail et prend des mesures pour que pas une minute ne s'écoule sans produire. Il écrit dans son code penai des condi­tions sur les mesures, sur les imperfections des ouvrages, sur les époques où il doit etre livré et sur une foule de circonstances qui entrainent des xetenues sur le prix convenu, c*est à dire de véritables amendes... Il est législateur, juge et partie. L'omnipotcnce du mauufaoturier s'accroìt en raison de sa fortune de son crédit, de la disette des temps, de la misere de l'ouvrier... et surtout de Phabitude qui, après un certain nombre d'années, place le travail-lens dans Pimpuissance de gaguer sa vie ailleurs qu'auprès de la machine avec laquelle il s'est, pour ainsi dire, identifié. Il y a dono un moment où le maitre peut lui dire: Cède moi ta vie au rabais, ou meurs de i'aiin.
Le proletariat, démoralisé, abruti, déchristianisé, est dépourvu d'armes pour se défendre. Si les ouvriers veulent s'associer, ce qui serait dangereux pour tous, on les met en prisca. << La classe ouvrière, devenue si nombreuse, flattée par les ambitieux qui ont besoin de ses bras, par les oliarlatans et les théoriste8 qui font tous leurs efforts pour la tromper, concoit chaque jour les prétentions les plus exagérées. Au Iieu de se contenter d'étre une portion