Rassegna storica del Risorgimento

1848 ; ECONOMIA ; MOVIMENTO OPERAIO ; SAVOIA ; SOCIALISMO
anno <1955>   pagina <316>
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Paul Guichonnet
de la société, elle veut étre la société tout cutière... Farce qu'on lui refusc une juste portion dans le banquet de la vie, èlle veut s'adjuger le tout...i
Dans les Etats sardes le prolétariat agricole n'est pas à plaindre. Mgr Rendu, comme tous les Savoyards de son epoque, partage l'opinion de la supériorité de l'agriculture sur l'industrie. Le campagnard respire l'air libre et la variété de ses travaux développe son intelligence et diminue ses fatigues. Il est presque force d'ètre noble dans ses pensées et moral dans ses habitudes. Aussi conviendraitil d'exclure de la réglementation proposée les gens de maison, les ouvriers agrìcoles et tous les salariés des Industries de moins de dix travaillenrs qui n'excèdent pas les limites d'une famille. Ainsi, en l'attente d'une législation sociale dont la nécessité est inéluctable mais qui ne pourra étre élaborée sans de longues études, le prélat propose, comme me-sure transitoire, une réglementation immediate du travail imposée par l'état et inspirée des principes catboliques. Il ne s'élève pas à la crìtique interne du système capitaliste, mais pense qu'il appartient à l'état de jouer le ròle de médiateur entre les industriels et la classe ouvrière. H demande à Charles-Albert d'ètre le législateur assez indépendant pour se piacer entre les capi* talistes et les travailleurs pour régler les intércts qui les divisent, moraliser les rapports qui les unissent et soumettre à l'omnipotence de la loi les préten-tions souvent exagérées des uns et des autres.
Pour atteindre ce but, il sera crée dans cbaque localité industrìelle un Comité de patronage dont les attributions sont minutieusement détaillées, au long de 46 articles. L'idée de certe institutiou est, au dire de l'auteur, inspirée des comités de patronage des enfants ouvriers établis cnPrusse et en Autriche et, en partie, des Conseils des Prud'hommes qui venaient d'ètre créés en France.
Le patronage sera compose du juge-maje,*) de l'intendant, du cure et du syndic,2) membres de droit qui proposeront la nomination par le Mi­nistre de l'Intérieur de deux autres membres et d'un médecin. Les membres, assurant gratuitement leur service, tiennent des réunions régulières où. sont exposées les conditions du travail industrie! et les mesures à prendre en cas de nécessité. Le comité fonctionne comme tribunal de conciliation pour la durée du travail et les conditions d'exécution de l'ouvrage et juge en premier res-sort les conflits mettant en litige moins de 50 livres. 3) Il punit les mauque-ments à la discipline intérieure des ateliers et peut prononcer jusqu'à trois jours d'emprisonnement à l'encontre des coupables. C'est lui qui après un examen attcntif sur le prix des denrées, des habillements, des loyers, déter-mine cbaque année et plus souvent s'il le faut le prix moyen d'alimentation pour la journée d'un ouvrier. Les membres sont compétents pour pènétrer dans les fabriques et recueillir toutes donnés statistiques. Ils jugent de la salu-brité des locaux et des conditions du travail et les chefs d'entreprises doivent 6e conformcr à Ieuxs décisions. Chaque ouvrier devra étre pourvu d'un livret sur lequel sera consigné le salaire et le travail qui lui est demandò et on ne
1) Soua le regime sorde, on uommait ainsi le président du tribunal du chef-lieu de pro­vince,
2) Le syndic correspondait au maire francata,
3) On employait indieremment les mola de frane ou de livre neuve( la monnaie francaise etani un pcu plus forte quo la monnaie sarde.