Rassegna storica del Risorgimento

1848 ; ECONOMIA ; MOVIMENTO OPERAIO ; SAVOIA ; SOCIALISMO
anno <1955>   pagina <318>
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Paul Guichonnet
ministre dea G-ràces et Jastice dans les paplers de Mgr Renda, conscrvés aux Archives de la Haute-Savoie. r)
Monseigneur,
Je vous Temerete sincàrement du plaisir que m'a donne la lecture de votre beau mémoire sur le prolétariat. Jamais la raison n'a été plus eloquente, la chaleur de vos convictions vous a parfaitemenl inspìré et je n'aurais qu'à payer un légi-time tribut d'admiratìon à V. G. si la confiance ne me demandali quelque chose de plus. Elle désire savoir si la proposition est opportune. Dans l'ordre maral, ily a toujours opportunité à ce qui est j uste et beau, mais il n'en est pas de mente dans les affaires societies. Or, voici ce qui est à ma connaissance. Il y a peu de temps, S. M., se prononcanl sur la question que vous posez, exprimoit Videe de pourvoir de fait aux besoins qu'éprouve partout la classe ouvrière, mais il ajou-tait qu'U était dangereux de leur créer des droìts, de les armer contro les chefs d'entreprise industrieUe, de faire une législation qu'ils entendent toujours mal, dont ils abuseront et il ajoutait qu'à cet égard le désir du gouvernement était à surveiller, à prevenir, à faire travailler et non à réglementer iiiutilement.
Après cela, V. G. comprendra facilmente que, dans de telles circonstances, l'epoque n'est pas favorable à son projet. Toutefois, en prescindant (le mot est italien, mais d'est rnon idée), en prescindant2) de V ardete relatif au règlèment, fai pris sur moi de lire les plus beaux passagés de votre mémoire au Roi, d'est dire que fai presque tout lu. S. M. m'apayé unjusie tribut dyéloges à Videe mo­rale et au stile, mais m'a para Tester dans sa conviction. Je n'ai fait à S. M. qu'une communication toute confidentieUe et me suis borné à dire que je tennis moimème ce mémoire, non à titre officici mais à titre d'amidé et de confiance. Ceci était une précaution contro toute pensée d'immixtion dans les affaires appartenant à la compétence d'autres départements. Je sais par expérience com-bìen, ici, les jurìdictions sorit jalouses et exclusives. Par principe d'orare, S. M. tient à ce que chacun reste dans ses attributions et par esprit d'hosdlité, bien des gens confondent le zèlo du bien public aree la tendance à Vempiètement. Le fait est que, polir arriver à un resultai, à un succès quelconque, la voye la plus dan-gereuse est de donner Vhonneur de Vinitiative à qui n'a pas la spécialité de la direction.
Tenez dono pour certain, Monseigneur, que le ministre de la justice est le meiUeur de vos amis et le plus sincère appréciateur de vos nobles productions mais qu'U ne serali qu'un frele appai à Végard des choses qui ne rentrent pas dans sa compétence. Or, camme la madóre que vous traitez est toute de l'intérieur, croyez moi, arrivezy directement ou par des voyes ultramontaines. Un savoyard qui n'a pour lui qu'un compatriote dévoué a si peu de chances soit dit entro rious qu'U convieni de s'appuyer aitleurs, si l'on prétend à quelque justice. Vous me connaissez assezpour savoir qu'U n'y a, dans ce queje vous écris, ni amertume
penai et iJ'iiiHlructiori crimiuellè. Président de la commiaaion legislative sur les mines en 1833, il fot fait comic le 21 novembre 1840. Conaeiller d'Etat pour la aoction dea Graces ot Justice en 1843, il cut à signor en cotte qualità le Statat du 4 maro 1848 mais denrisaionna dèa le 7. Le 22 du memo moie il fui retorico aveo litro do ministre d'Etne. Dócoré da Grand Cordon des SS. Maurice et Lazare, il mounit A l'urta le 3 septembre 1855. (Voir sur ce peraonnage une notìce biograpbiquo in Mémoirea do VAeadSmia da Savoie, Tome IV; II*mo sèrie pp. XXX sq.)t
ì) Archi ve departementaleB de la Haute-Savoie: sèrie V, Corrcapondance do Mgr Renda.
2) Italianismo: prescindere = faire abstrnetion de.