Rassegna storica del Risorgimento
1851-1853 ; LOMBARDO-VENETO ; FRANCIA
anno
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1955
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489
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LE ROYAUME LOMBARDO-VENITIEN EN 1851-53
D'APRÈS LES DÉPECHES DES CONSULS DE FRANCE
kH- À MILAN ET A VENISE - 1 jH
Le dépouillement des correspondances politiques adressécs à Paris par MM. Villamus et Dcnois, Consuls de France à Milan et à Veuise, éclaire Phistoire tragique des provinces de l'Italie du Nord directement soumises au joug de l'Àutriche et nous pcrmet de pénétrer dans la vìe publique des populations. Malheureusement, les rapporta conservés aux Archives da Quar d'Orsay ne portent pas, on ne sait trop pourquoi, sur Pannée 1852, celle du sacrifice des martyrs de Belfiore. *) Les documents, qui se réfèrent aux années 1851 et 1853 présentent néanrnoins tout Pintérét d'une enquéte iin-partiale et précise donnant une perspective exacte des faits, et complètent utilement les informatious données par Ch. de la Varenne à la veille de la Guerre de 1859. 2>
M. Villamus exposa la question lombarde en analysant les résultats obtenus par la Paix autrichienne après Novare. Le 2 aoùt 1851, le cousui de France exprima ses vues générales, en spectateur impassible de tout ce que la peur unique conseillère du Gouvernement autrichien, pouvait sug-gérer en fait de vexations. Il se montra fort sevère pour le vieux Ma-réchal Radetzky à qui Vienne réservait le choix et l'application des mesures politiques. Qu'y voyonsnous, si ce n'est la me me impéri tie, le ni cine oubli des plus simples principes de la justice et de la raison, la méme tendance à aigrir, à exaspérer sans necessitò, sans utilité aucune les populations soumises à son autorité.
Un occupant est assommò, le Gouvernement veut en rendrc toute la ville responsable et il veut la ranconner. Il fait occuper tout un quartier par les militaires et demande des otages à la Municipalité pour le cas où un nouveau crime viendrait à étre commis. Il en résulte que tout le Corps municipal menace de démissionner et d'en appelcr au jugement de l'Europe pour amener le retrait des mesures projetées.
A la suite de Pcxécution du patrìote milanais A. Sciesa qui, surpris pendant qu'il affichait des traete révolutionnaires, avait refusò de dénoncer ses complices, Radetzky avait fait affieber une proclamation menacante pour le cas où le champ serait laissé libre aux ennemis de l'ordre legai. Jc me verrai force, annoncait le Maréchal, et jc vous en prévicns de faire rctomber la responsabilité de ce orai sera advenu sur la continuile tout entière et de la contraindre, en usant envers elle des moyeus extrémes de sévérité, a faire preuve d'energie et à contribuer efficacement à ce que Ics coupables
1) Voi. 16, Correspondance poli tigna des cornuti* de France à Milani Voi, 3, Corres-pondance polUique dea consuls de France à Veni se; Voi. 12, Corretpondance commerciale des consuls de France à Milan
*) Csr. DB LA VAHBNNB, Lex Autricliiens et V Italie, Pari, 1859, pp. 235-301.