Rassegna storica del Risorgimento

1851-1853 ; LOMBARDO-VENETO ; FRANCIA
anno <1955>   pagina <491>
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Le Royaume Lombardo-Vénitien en 2557-53, ecc. 491
dire plus si Fon en. croit le Consul, et toujours selon cehù-ei, le jeune Souverain, au soir de sa première entrée officielle dansla vieille métro-pole guelfe, en était probablement à regretter de ne pas avoir suivi l'avis de ceux qui lui avaient conseillé d'ajourner eette visite à des temps plus calmes. 3)
Jour par jour, et lieure par heure, le Consul consigna, dans un Jour­nal, les étapes du voyage imperiai dans la Brianza.
Le samedi 20 septembre 1851, l'autorité autriehienne avait invite les Milanais à pavoiser et à illuminer leurs habitations. Le lendemain, dimanche, avait été choisi à dessein pour que les marcbands et le peuple pussent sup-pléer à l'absence certame des notables, du patriciat et des intellectuels; en mème temps, les propriétaires de logcs au théàtre de la Scala avaient été mis en demeure soit de faire savoir s'ils assisteraient à la soirée imperiale, soit de remettre leurs clefs afin que la direction pùt en disposer. On voulait, a la fois, épargner au jenne Empereur l'affront d'une salle deserte, connaitre les dispositions des uns et intimider les autrcs. Le méme jour, un inconnu frappait de trois coups de couteau un membro de la Municipalité de Monza qui avait trop ouvertement montré son zèle austrophile à l'occasion du séjour de FrancoisJoseph dans la ville du sacre des Rois lombards.
Le dimanche 21, 30.000 hommes étaient concentrés dans Milan et un ordre formel avait enjoint aux fonctionnaires municipaux de garnir l'amphi-théàtre de Précoto où dcvait avoir lieu la revue des troupes. L'autorité occu­pante voulait, par la présence d'un public d'emprunt, dissimuler l'absence de la majeure partie de la population de la capitale lombarde. L'Empereur d'Autriche, entouré d'un brillant cortège dans lequel fìgurait le Colonel fran-cais, Caillé, assista à un imposant défilé militaire, commandé par le Maréchal Radetzky en personne.
A l'Hotel de Ville de Milan, c'est à peine si une demidouzaine de vieil-laxds décrépits, bommes-liges de tous les régimcs qui se sont succède dans ce pays, parurent à la reception imperiale. C'est tout ce que la noblesse lombarde, qui cornpte par centaines le nombre de ses membres, a présente en cette occasion solennelle à son Souverain et Maitre, constata ironique-ment le représentant de la République francaise, et il souligna cette obser-vatìon. Ce fait est significatif et siunt poter faire connaitre la nature du sentiment qui prévaut aujourd'hui a l'égard de l'Autriche. Dans l'après-midi, le cortège officici parcourut le Corso entre deux haies de troupes der­idere lesquelles on ne trouvait... point de Milanais! Une fois de plus, ila avaient témoigné de leur désaflFection à l'égard des Tedeschi. La soirée fot marquée par des illiuninations sans éclat: une chandelle par croisée. C'est tout juste ce qu'il faut pour ne pas paraitre ni un zèlé aux yeux des patriotes, ni un ennemi du Gouvernement à ceux de la police, nota le Consul dans son Journal.
A l'Hotel de Ville, ajoutet-il, la reception fut des plus froides, la bienveil lance et la sym patine n'ont été nulle pari. De loia en loin, quel que s vivats partant d'individus obéissant à un mot d'orare, mais restés sans écho dans cette foule obstinée à demeurer sìlencieuse. On peut dire en un
1) i)fij)cchc du 21 septembre 1851.