Rassegna storica del Risorgimento

1851-1853 ; LOMBARDO-VENETO ; FRANCIA
anno <1955>   pagina <493>
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Le Royaume Lombardo-Vénitien en 1851*53, ecc. 493
pas jeter dans la population un sujet de tristesse.J) A Venise, mcmc ignorante puisque, seules, des dépéches, envoyécs au début de inars, renseignerent discrètement le Quai d'Orsay sur des exécutions politiques à Mantoue. 2)
Pax contro, on peut dépouiller de plus ricb.es matériaux en ce qui con­cerne l'émeute milanaise da Dimanche-gras, 6 février 1853, émeute répri-mée en moins de 2 heures, si l'ou en croit Ch. de la Varenne, 3) et l'impi-toyablc répression qui la suivit. Le rapport du 7 février met au point les premiers renseignements: meurtre de deux sentinelles autrichicnnes, cons-truction de barricades aux Portes Comasina, Tosa, Ticinese et devant l'Eglise San Satiro, invasion de quelques maisons tant par la troupe que par les insurgés, et dispersion de ceuxci par la force armée, le tout suivi d'une vigoureuse proclamation da Iiieutenant Maréchal Strassoldo (rempla-cant provisoirement le gouvernein* general Giulay en congé à Florence). Le manifeste, émanant du comte Strassoldo, annoncait que toute réunion do plus de trois personnes serait dispersée par les armes et qu'il était désormais interdit aux chemins de fer reliant Milan à Trévise et à Cóme de transporter des voyageurs.
Le 8, à Verone, le Gonsol de France exercant à Venise apprit de la bouche mème de Radetzky, au cours d'un bai, le premier récit des scène s de Milan. D'après le Commandant en chef autrionien, leur bilan pouvait è tre évalaé à sept ou huit morts et à une quarantaine de blessés doni dix grièvement atteints panni les soldats. Autre nouvelle sinistre que le Consul transmit immédiatement à Paris: Ordre a été donne de Verone de pendre sans miséricorde les insurgés sur la Place da Chàteau Sforza et en face de la ville. Radetzky avait conile au représentant de la France qu'il s'agis-sait d'une manifestation en réponse à ce qui avait été fait dernièrement à Mantoue et que ses services secrets lui avaient communiqué des traets por-tant saranno vendicati. Le Chef d'Etatmajor du Maréchal Benedeck, adroitement questiouné, parla au Consul daus le mème sens. *) Tandis que l'officieUe Gazzetta di Venezia gardait le plus profond silence sur les évènc-ments da Dimanchegras à Milan, ces précieuses informations parvenaient au Ministre des AfFaires étrangères de Napoléon IH, accompagnées de ces pertinentes xéflexions personnelles: Je pense qu'on a exagéré au Quartier general de Verone. La police n'a rien su, rien prévu, rien prévenu. On semble en faire une affaire importante, on bat monnaie avec la sueur et le sang des soldats. M. Dcnois ajoutait que, précaution bien inutile, on lui avait conseillé de garder la plus grande réserve en ces oirconstances et aussi que Venise xisquait d'étre mcnacée du contro-coup de l'émeute de Milan. )
L'ordrc impitoyable, connu à Verone par le Consul de France à Venise, n'était pas une vaine rodomontadc. Lo lendemain meme, son collègue de Milan apprit que sept potences avaient été dressées devant le Chateau Sforza
*) Dépccne du Consul da Franco fi Milan du 26 janvier 18S3.
~) Dépéchc da Consul de France a VOOÌBB des 2 et 21 miro 1853.
3) Cfl. DB LA VÌUIE.VNE, op.. r.U., p. 235.
*) Dépéclie du Conatil do France Vcniso du 10 février 1853.
5) Dépéche du Consul de France a Venise du 13 février 1853.