Rassegna storica del Risorgimento

1851-1853 ; LOMBARDO-VENETO ; FRANCIA
anno <1955>   pagina <495>
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Le Royaume Lombardo-Vénitien en 1851-53, ecc. 495
courrier diploma tique piémoutais pour transmettre ses dépèches à la fron­tière. Vainement, le lendemaùi une délégation de notables lombarda parmi lesquels on relevait l'elite du patriciat milanais (Litta, Melzi, Belgiojoso, Bassi et Pallavicini), se rendit-elle auprès de Giulay pour faire mitiger les rigueurs de la répression. Le futur vaincu de Magenta dcmeura iuexorable. Le 16, les Milanais apprirent qu'ils étaient taxés d'une amende de 40.000 florins pour la première semaine, de 30.000 pour les suivantes et cela jus-qu'à nouvel ordre. Le Consul se demanda naturellemcnt si les ressortissants francais allaient avoir à alimentcr le trésor imperiai; mais il pensa cgale-ment qu en tentant de les soustraire à la contribution collcctive, il risquait de les mettre dans une fausse position vis-à-vis de ceux qui lem* accordaient l'hospitalité. *)
Durant les jours qui suivirent, une cascade de mesures de représailles s'abattit sur l'antique Mediolanum. Les 2.000 Ticinois fixés dans la capitale lombarde recurent un avis d'expulsion leur accordant à peine un délai de vingt-quatre à quarante-huit hcures pour regagner la frontière. L'Agent consulaire suisse ne put obtenir aucune explication. On decida après qu'une maison sur quatre devrait èrre éclairéc pendant tonte la durée de la nuit. Ce fut ensuite la fermeturc dea portes de la ville et mènie celle de la cathé-drale où des troupes campèrent pendant six jours. Enfia les autorités occu-pantes décidèrent de murer les tours des Egliscs pour empecher les son-neries de eloches et de fermer tous les cereles tandis que se multipliaient les jugements condamnant tantòt à mort, tantót à l'amende. A Crémone deux sentences capitales furent également prononeées par la Justice mili-taire autrichienne. Ces procédés indignèrent le Pape Pie IX et méme son Secrétaire d'Etat, le Cardinal Antonella, qui pourtant avait la réputation d'incarner les principes conservateurs. Tous deux, le 20 février 1853, devant M. de Rayneval, ambassadeur de France près le SaintSiège, s'affligèrent de l'excessive rigueur employée en Lombardie. Hs confièrent au représen-tant de Napoléon HI, qu'ils pensaicnt que les mesures de l'Autriche ne feraient qu'accroìtre l'irritation et qu'elles entraient par là dans les vues des agitateurs. Dans l'entourage du SaintPére, on se preoccupa aussi de la part que certains cantons suisses, et surtout le Tessin, avaient pu prendre, plus ou moins directement, aux derniers évènements, tout en se demandant ce que dirait ou ferait l'Autriche. 2)
Sans se départir de son aveugle entétement, l'autorité autrichienne al­la jusqu'à décider le renvoi, devant les Conseils de guerre des propagate ars de fausses nouvelles (25 février). Bien cntendu, la difiusion de la proclama-tion imperiale sur le sequestro frappant les biens des émigrés ne fit que jetcr, dans la population, un degré de plus de trìstesse et de décourage-ment.3 Pour cxacerber davantage le senthnent patriotique, on fit eboix de ce moment pour publier les sentences de Mantoue (3 mars). Le 17 mura,
1) Dépédic da Consul de Trance à Milan du 16 février 1853.
2) Bayneval à Drouy de Lliuy, le 20 mars 1853, Ardi, du Quai d'Orsay, F. Rome,
voi. 1.000.
3) Dépéche da Conaul de France a Milan du 1" mars 1053.