Rassegna storica del Risorgimento
anno
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1955
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pagina
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517
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LIBRI E PERIODICI
ROBERT SCHNERB, Le XIX' siede. L'apogée de Vexpansion européenne (1815-1914) ; Paris, Presscs universitaìres de France, 1955, in 8, pp. 627, planches, cartes et diagrammes.
Robert Scbnerb est l'un des meiileurs spéci al istes franeais da XIX0 siècle. Il est bien connu par ses travaux sur Fhistoire financière de la Revolution, sur le Second Empire et par sa biographie de Rouher. Nul, mieux que lui, n'était qualifié pour nous donner ce volume, au ti ire redoutable par la complexité des problèmes qu'il englobe et la masse immense de faits et d'idées à organiser en synthèse. On peni dire, dèa l'abord, que l'auter a réussi dans la luche qu'il avaii assumée et que son gros volume est l'un des plus rénssis de la collection d'histoire generale des civilisations, dans laquellc il a vu le jour.
Mais, dira-t-on, encore une < histoire universelle ? En Italie, et plus encore en France, la mode est à ces vastcs fresques doni les ambitieuses proportions ne sont souvent pas à la mesure des forces de ceux qui les entreprennent. L'intérèt majeur de la sèrie éditéc par les Presses uinversitaircs est qu'elle envisage l'histoire sous un angle nettement différent de celai des panoramas classiques. Ceux-ci VÌSCHI a nous donner, avant io ai, un résumé cbronologique des faits politiques et diplo-matiques, en uni mot et pour employer une expression qui doit sa fortune à Lucien Febvre et à ses disciples, à nous proposer de revolution de Fhumanité une vision essentiellement événementielle . Comme l'indique son ti tre, l'Insto ire general des civilisations met, au contraire, l'acccnt sur les phénomènes économiques et sociaux qui détermincnt les lignes de force dn passe. Certcs, Robert Schnerb est bien trop avisé pour rednire son cxplication à un simple rapport des forces mate-rielles. Il fait leur juste part aux hommes et aux idées; il est sensible à l'autonomie morale et iutellectuelle relative des individus mais il replace ces phénomènes dans le contextc des grandes tranformations qui, à l'epoque du capitalisme niaclii-niste et colonialiste, ont si profondément modifié les structures mentales et économiques de l'Europe et da monde. Une telle conception est caraetéristique des tendances de l'histoire frangaise. Elle risque, au contraire, de heurter, en Italie, bien des esprits che/, qui l'influence crocienne demeurc vivace et qui subofdonnent l'éconornique è la primaulé de l'esprit. C'est à ce titre qu'il nous a pani ìntéressant de signaler l'ouvrage de R. Schnerb aux lecteurs de la Rassegna.
H n'est, cortes, pas question de passer au crible toutes les richesses d'une oeuvre ausai dense et suggestive, dont la préscntation recouvre d'un élégant manteau le labenr immense de l'erudii, mais d'indiquer les grandes lignes dn livre. Il s'ouvre sur on vigoreux portrait de l'Europe vers 1815, encore tonte terrienne dans son economie qui, par bien des points, continue celle de l'Ancien Regime. Mais la fièvre scieniifìque da XVIII0 siècle commence à portar ses fruita dans les techniques appliquées à l'industrie, qui vont revolutionner les moyens de production et favo* riser l'cesor de hi bourgeoisie. Les conceptions politiques et économiques de la classe montante noni analysées dans une suite de remarquables chapitres qui intra* daisent k la seconde parti e, décrivant l'expansiou des Enropéens. Imbus de l'esprit acientiste et de la conacience de leur mission, ils B'élancent n la conqndtc des ponples arriérés et sous-developpés, tout en chcrchant à procurer uiutières première et débouchés à une industrie qui, sous l'influeuce du librc-échangisme, atteint son apogéc entre 1850 et 1873. L'épanOUisaement du capitalisme en Occident et la naissance des impérialismcs colonioux soni decrits dans les pogea qui sont panni les meilleures. La trohiiénie pardo dresse le bilun de la cìvilisation européenne