Rassegna storica del Risorgimento
BAUDIN CHARLES ; FRANCIA ; PIO IX
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1956
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Pie IX à Gaète et Vomirai Banditi 245
de la Marine l * et l'informa de l'audience accordée par le Pape qui avait exprimé dea vocux pour la Frauce et Pespérance qu'U fondait sur Ics scuti-mcnts rcligieux manifestés par le peuplc francais; Kerouartz ajouta qu'à Rome les esprits étaient fort troublés par le refus que venaìt d'opposer Pie IX à Fkypotkcse d'ime présidence de l'Italie confédérée ou à une décla-ration de guerre à l'Autriche. Le 10 mai, le méme officier, zendant compte de sa mission à l'amiral, 2) rópéta les memes impressions, y ajoutant un paragraphe dont les évènements des mois suivants allaicnt justificr l'impor-tancc: M. de ForbinJanson alors chargé d'affaires de France à Rome nravait fait savoir quelques heurcs avant mon départ <jne le Pére Ventura, chef de la délégation sicilienne près la cour de Rome, désirait me voir pour vous faire dire combien la Sicile verrait avec plaisir Parrivóe de l'escadre dans les eaux de Palerme. Corame je devais quitter Rome à minuit, j'ai fait savoir au Pére Ventura, par tm autre membre de la légation qui de meurait dans le mème hotel que moi, la cause qui m'empéchait de me renare auprès de lui. D'après ce qui m'a été dit, la si tuatiou de la Sicile morite tonte votre attention... .
De fait, dans les six mois qui suivirent, l'amiral Baudin eut tonte sa pensée occupée par les évènements de Naples et de la Sicile.
Gependant la situation à Rome devenait de plus en plus difficile pour le Pape croi se decida à un départ clandestin, dans la nuit du 24 novembre 1848, facilitò par l'ambassadeur francais D'Harcourt. Pie IX, en compagnie du cardinal AntoneDi, secrétaire d'état, et du comte Spaur, ministre de Bavière, gagna le royaume de Naples et Gaète par voie de terre. En France, le gouvernement épousa la cause du Pape; le 27 novembre, le ministre de la marine envoya au vice amirai Trehouart cet ordre: 3) Vous prendrez le commandement de trois frégates à vapeur qui vont ètre envoyées de Tou-lon à Marseille pour embarquer 2800 hommes de troupe. La brigadc embar-quée doit étre transportée à Civitavecchia. Vous ferez route pour cette desti-nation aussitòt que possible et vous ferez route à toute vitesse. En fait, les ordres et les contre ordres se succédèrent et l'expédition n'eut pas licu.
Le Friedland, vaisseau amirai, était alors ancré à Bales, près de Naples. Baudin y apprit rapidement l'arrivée a Gaète du Saint Pére auprès duquel il se rendit avec M. de Rayneval, qui représentait la France à Naples. Dans une audience où le Pape admit, avec Les deus frangaìs, le due de Nivas, ambassadeur d'Espagne, le cardinal Antonelli et Mgr Garibaldi, la conver-sation eut un earaetcre general sur lequel le rapport adressé par Baudin au Ministre des Affaires Etrangères *) le lw décembre 1848, s'étend peu, mais la suite montre bien la participation de l'amiral à l'action diplomatique: En sortant de son salop, nous avons, M. de Rayneval et moi, pris à part Mgr. Garibaldi et nous l'avons engagé à faire eomprendre au Saint Pére combien sa posiiion était faussc dans Ics états du Roi de Naples et combien il importali qn'il abrégcàt le plus possible son séjour, sous peino de partager l'impopularité profonde qui, en Italie surtout, s'attachc à la personne de ce
i) Cfr. Areh. Noi., Marine BB*, 656, p. 57.
2) Cfr. la copie aux ÀreL Aff. Eir., Naples 174, 11.
3) Cfr. Arch. Nat., Marie BB4, 653. p. 377.
4) Cfr. Arch. Aff- Etr., Naples, 174, f298.