Rassegna storica del Risorgimento

BAUDIN CHARLES ; FRANCIA ; PIO IX
anno <1956>   pagina <246>
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246 Ferdinand Bayer
souveraiu; le Nonee a reconuu la justessc de nos réflexions à oct égard et a promis d'en faire part au Saint Pere.
M. de Rayneval ayaut putte Gaète dans la nuit pour relourner à Naples, j'ai prie, le lendcmain inatin, M. d'Harcourt de dcinandcr pour moi une audience particulière au Pape dans le but avoué de l'entretenir dcs afl'aires de Sicilc. Le Saint Pére ne connaissait cette question quo par scs rapports avee le Pere Ventura qui, étant Sicilien de naissance et très passionile, ne la lui avait présentée que d'un seul coté. J'ai trace à Sa Sainteté l'nistorique des diverscs phases de cette affaire depuis 1812 jusqu'à l'epoque actuelle. Je lui ai fait connaitre le caractère de l'intervention enrétienne et parfaite-meni désintéressée de la France et je lui ai demandò d'user de tout l'ascen-dant qu'Elle pouvait avoir d'une part sur le Roi Ferdinand, de l'autre sur Ics Siciliens pour amener une reconciliation entre les deux pays. Les détails dans lesquels j'avais dù entrer au sujet de la conduitc du Boi m'avaient naturcllemcnt amene à parler de l'impopularité dont il est l'objet; et par une transition toute naturcllc, j'ai repris le thènie que j'avais dcveloppé la veille à Mgr Garibaldi..... M. d'Harcourt fut présent à I'entrevue... En résumé j'ai obtenu du Pape deux promesses importantes:
1) celle d'user de toute son iniluence pour amener la cruestion. sici-lienne à une solution pacifique.
2) celle de prolonger le moins possible son séjour dans les états du Eoi de Naplcs. 1)
H s'agissait d'amener le Pape à demander asile à la France. Bastide, ministre des Afl'aires Etiangères, expliqua cette offre d'hospitalitó dans le livxe qu'il publia 2) dix ans plus tard; elle se justifiait par le respect dù au malheur, par la vénération de quelques millions de Francais, par le désir de dégager le Pape de l'influence des cardinaux et de le rendre accessible à l'esprit de réforme; enfìn Bastide considérait que, hors d'Italie, le Pape ne serait plus un obstaclc à la liberto d'action des Italiens. Il y avait là des arrière pcnsécs dont la connaissance aurait fortement déplu à Pie IX...
Le General Cavaignac, chef du gouvernement de la Seconde Républi-que, envoya à Gaète un hornme de confiance, député à l'Assemblée Natio-naie, M. de Corcelles ancien carbonaro mais bon catholique, au dire de Bastide, pour se mettre à la disposition du Pape et lui offrir un asile cn France. Corcelles invita Baudin à répéter ses arguments au Pape dont l'ami-ral eut une nouvcllc audience le 8 décembre. Dès le 10, il iaisait porter par bateau à Marscille le texte de deux télégrammes identiques pour les minis-tres des All'ai res Etrangères 3) et de la Marine. Il me parait, disait Baudin, que nous ne pouvons faire au Saint Pére que des ofl'res respectueuses d'asilo en France. Toute insistance à cet égard, tout excès d'empressement qui pourraient 8tre attribués à dcs VUCB iutéressécs de la part du gouvernement
') Si le pape, adoptant Ics vucs do BOB interlocuttsur francala sur l'impopularité du roi Ferdinand, avait guitti PEtat do Naplcs, Raynoval et Baudin auraicnt dispose d'un nouveau nioycu de prcssioii mondo sur le menarono dans los nfigociations ouverteB pour donner aux Siulicns les gara ut ics qu'ìlfl detuandatent.
2) J. BASTIDE, La licpublìquu Frontalao et Vinili* m 1848, Bruxelles, 1858.
3) Cfr. Arch, Aff. mi, Napl. 174,1? 309.