Rassegna storica del Risorgimento

LAMENNAIS (DE) F?LICIT?
anno <1956>   pagina <323>
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ccs, d'aillcuirs étroitement associécs. L'urie est celle de la Congregatici!, fornice en 1801 pax le Pére Bourdier-Delpuits. La Congrégation, sociétó purement religiruse, a une sorte de filiale politique, la société scerete des Chevaliers de la Foi, dont le R. P. Bertier de Sauvigny a magistralemcnt exposé l'histoire. l) La Congrégation a cu comme principal aniinateur le Due Mathieu de Montmorency. Celui-ci, grand seigneur royalìste et ultra, était l*un des membres iniluents des Chevaliers de la Foi. Sa mort, en avril 1826, coincide à peu près exactement avec le déclin et la dissolution des Chevaliers de la Foi et elle implique un incontestahle déclin de la Congrégation, attaquée par ailleurs par les Hbéraux et par les catholiques gallicans dont Monsei-gneur Frayssinous, évèque d'Hermopolis et grand Maitre de l'Université, était le champion. Lamennais, luiménte ultramontain et royaliste ultra, se dee baine contre Frayssinous avec une violence quelquc peu étrangère à l'esprit de la charité chrétienne. Il aurait eu toutes les raisons d'étre en bonnes relations avec la Congrégation. Or il n'en a jamais été membre. H n'en parie pour ainsi dire jamais dans sa correspondance, sinon avec ironie, par exemple dans une lettre du 23 février 1828 à Mademoiselle de Lucinières: On me mande que l'abbé de Rohan-Chabot remplace le Pére Ronsin, savez vous ce qu'il en arriverà ? On disait que c'était une Congrégation de dròles, on dira que c'est une drdle de Congrégation. Il a, comme nous le verrons, dans la deuxième partie, joué un ròle dans la fondation de quelques unes des filiales de la Congrégation, mais il a ignorò celle-ci.
L'autre foyer d'ultramontanisme était évidemment l'ordre des jésuites. Or Lamennais les déteste; il en parie avec un mépris Constant; il n'approuve pas la persécution qu'ils subissent du fait des ordonnances de juin 1828, mais il attribue cette persécution à leur maladresse et à leur stupidite. Il va méme jusqu'à dire dans une lettre à Madame de Senfft du 13 juillet 1827 qu'il y a eu un pacte entre les jésuites et Mgr Frayssinous. Lorsqu'on sait qu'il appelait celui-ci le chef du parti anti-catboUque, on voit qu'il fai-sait peu de cas de la Compagnie de Jesus.
D'ailleurs les sentiments de Lamennais sur le pian politique ont subi, eux aussi, une transformation capitale et bien connue, encore qu'il soit assez difficile d'en fixer la date. L'ultraroyaliste ardent des années 1817 à 1821 devient en 1822, dans ses articles du Drapeau blanc, un ultraroyaliste d'opposition. Le ministère Villèle, l'action de Mgr Frayssinous, lui paraissent odieuses. L'Université d'Etat est pour lui le foyer de la corruption. Puis il cesse d'étre ultraroyaliste et devient royaliste liberal. Selon le regretté Christian Marécbal, qui fut l'un des mcilleurs spécialistes de Lamennais, revolution s'est opérée des 1826. En tous cas, elle est acquise lorsque paraft en 1829 un ouvrage qui a beaucoup des caractères du pamphlet Du progrès de la Revolution et de la guerre contre PEglise. Lamennais, qui est catholique liberal et royaliste, va devenir républicain de facon encore modérée dans ses articlc de VAvenir (1830-1831) et républicain extrèmiste et violent avec les Paroles d'un croyant.
Telle n'est d'ailleurs pas la fin de ses palinodies en motière politique. En effet, ses idées républieaincs vont se tempérer et se modérer, et en 1848
1) Ferdinand de Bertier et l'énigme de la Congrégation,