Rassegna storica del Risorgimento

LAMENNAIS (DE) F?LICIT?
anno <1956>   pagina <324>
immagine non disponibile

324
./ B. Uurosclle
Louieimais, membre du Gomitò de Constitution à l'Assemblée Nationale Constituante, souticut dea theses prudentes et ne préconise nullcinent la xépubliqae de Robespierre, cornine on anrait pu le croixc d'après certains de scs écrits antérieurs.
Tons ces faits sont déjà bien coimus, mais il convenait de les rappelcr pour proposer une nouvclle interprétation de eette personnalité si passion-nante et si discutée. Christian Maréchal est mort trop tòt pour publier les nombreux manuscrits qu'il avait en portefeuillc, fruita de ses recherches minutieuses sur Lamcnnais. .Fai eu le privilège d'avoir avec lui, peu de temps avant sa mort, une conversation dont j'ai tire l'idée mème de l'inter-préLation que je vais proposer. Toutes les vériiìcations que j'ai faites après coup m'ont montré à quel point la suggestion de Christian Maréchal était bien fondée. Se representer Lamennais comme un homme changeant et passio nné, détruisant. dans un ouvrage tout ce qu'il avait construit dans le précédent, c'est commettre une erreur totale. Ainsi, l'on a cru longtemps que Lamennais avait quitte l'Eglise pour des raisons personnelles, par or-gueil blessé et pour protester contre le mauvais accueil fait par Grégoire XVI à ses toutes récentes idées libérales. Or, une étude niinutieuse des textes, étude que Christian Maréchal a fai te, et que je ne peux pas repxendre ici, montre que Lamennais a en reali té boul everse les fondements mème de sa vie par fidélité à ce qui était pour lui l'essentiel.
Or, quel était l'essentiel? Comprenons d'abord que Lamennais est le type mème du pur intellectuel, qu'il n'a rien de l'bomme d'action. Jouraa-liste, il ne s'occupait pas de recueillir des fonds, de mettre en page, de doser les diverses informations. Fondateur de plusieurs sociétés, telles que l'Asso -ciation pour la Défense de la Religion catholique et, plus card, l'Associatimi pour la Défense de la Liberto religieuse, il ne se souciait pas un seul instant de la propagande, du recrutement ou mème de la direction et de l'adminis-tration de ces entreprises. Le journalisme, c'était pour lui le moyen d'exprimer ses idées. Les Associations étaient un organe de diffusion de ses idées. Mais la seulc chose qui importait, c'était la diffusion de ses idées ellesmémes. Tous les témoignages des jeunc gens qu'il à reuni à La Chénaie, dans la phase catholique de sa vie, montrent que Lamennais leur exposait ses idées d'une facon eclatante, mais il laissait peu de place à la discussion. Pur intellectuel, il ne chcrchait pas à s'informcr, il ne discutait pas, il affirmait. Comme l'a fort bien montré Penan, il utUisait l'histoire avec la plus grande désinvolture,. avec un mépris profond des faits, pour justùlcr scs théories ab strai tcs. Or cellcs-ei, qu'il faut par conséquent piacer au som mot de ses préoccupations, au dessus mème de ses idées et de sa vie religieuse, c'étaicnt le système de la raison commune ou du consentement universel. Cette théorie, Lamennais ne l'a jamais abandonnée. Il s'y est toujours référé comme à l'essentiel. Depuis VEssai sur Vindifférence jusqu'aux Principes d'une philosophie, il consideri qne la raison individucllc est incapahle d'accèder à la vérité, mais que la raison de la majorile des individus ne peut pas errer. Toute la difficulté consiste à savoir ce que dit eette raison eolico ti ve. Lamennais a d'abord ero qu'elle < lisa ir.: la vérité religieuse réside dans le Catholicisme sous sa forme ultramontaine et la vérité politiquc dans la légitimité royaliste. Puis U a découvert que la raison universelle était au contraire démocrate. Le sufTrage universel est devenu pour lui une des inanifcstations de cotte raison com-