Rassegna storica del Risorgimento
PIO VII ; CISALPINA (REPUBBLICA)
anno
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1956
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pagina
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427
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LE CARDINAL CHIARAMONTI, ÉVEQUE D'IMOLA ET LA KÉPUBLIQUE CISALPINE
Coininencons pax écarter les coniusions de vocalmlaire, si courantcs dans la terminologie pontique d'alors, corame dans celle d'aujourd'hui. En la circonstance, elles ne manquent d'ailleurs pas de piquant. On trouve au chàteau de Vincennes, dans les Archives du Ministcre de la Guerre, ime note rédigée par le service de renseignenients de Bonaparte, avant la reprise des hostilités avec le Saint-Siège, début de fóvrier 1797. Elle 6'intitule Liste des aristocrates et des patriotes de Faenza et d'Imola.
Or, dans la colonne de droite, parmi les patriotes, iimnédiatement après le comte Tozzini et l'abbé Ferri, figure le cardinal Cliiaramonti, avec le notaire Marchi et certains membres de la future munieipaUté jacobine. Nous savons que les Deuxièmes Bureaux ne sont pas infailUbles, et que leurs rapports, comrne ceux de la police, restent souvent sujets à caution. Il y a là tout de mème une indication curieuse du jugement porte par les officicrs francais sur le futur Pie VII. Cette note a tout au inoins cene valeur subjective. Olnec-tivenient toutefois, l'état-major de Bonaparte eut le tort d'appliquer au cardinal ce que Kant appellerait les catégories d'OutreMonts.
Dans l'Italie de ce temps, le mot patriote n'avait pas exactement la mème significatiou qu'en France, où il mélait la défense farouche du ter-ritoire national, de la Revolution, et de la politique sociale, religieusc, inau-gurée par celle-ci, contre la coalition des puissances d'Ancien regime, les émigrés de Coblentz, des contre-révolutionnaixcs de l'intérieur et, disait-on, de l'Eguse. Or, durant la première occupation de 1796, l'évèque d'Imola s'était montré courtois vis à vis du General Beyrand et de son étatmajor, qui logeaient dans son palais, avait préché le calme à ses diocésains, évité de graves incidents, voulu empècher le soulèvement de Lugo, négocié avec le terrible Àugereau pour réduirc au minimum les conséqucnccs d'une révolte qu'il réprouvait, bref, travaillé à tout accommoder et rendu les plus grande services à son peuple, comme aux troupes de la République franaise. Il n'en fallait pas plus pour qu'on le catalognàt parrisan de l'ordre nouveau.
On doit attacher beaucoup moins d'importancc au titrc dejacobin que lui décernèrent, comme une injure, les gens de Lugo lorsqu'il leur envoya son théologicn, le Jésuite chilicn Fuensalida pour les exhorter àia soumission, et les gens d'Imola, lorsqu'après le re tour des Àutrichiens en 1799, il courut sur les routes pour sauver la vie aux membres de la municipalité jacobine, emmenés à Lugo pour y étre fusillés. Dans le premier cas, il agissait en ministre de paix adi d'arrèter une insurrection qui cntraìnerait certainement une catastrophe, dans le second, en ministre de la miséricorde, qui reclame le pardon et commence par pardonner lui ineme à ceux dont il avait tant souffert.
Ces confusions de vocabulairc une foia écartées, abordons le terrain où se rencontrèrent et s'opposèrcnt la République Cisalpine et le futur Pie VII.
L'accord se fit iramédiatement sur la reconnaissance de cette République et la soumission due aux autorités coustituéce. Dès mars 1797, avant de