Rassegna storica del Risorgimento
PIO VII ; CISALPINA (REPUBBLICA)
anno
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1956
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428
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428 Jean teflon
quittcr la Vili Etcmclle où l'avait appclé Pi VI, poni gn'il ne devìnt pas otage des Francais et poiix l'emmcner avcc lui a Malte cn cas <i'invasion de Rome, dans une pastorale ipri annoncait son re tour, le cardinal avait prescrit l'obéissancc au gouvernement nouveau de la Républiquc Cispadane. Il pre-scrira la méme obéissance à la République Cisalpine, qui rénnit la Cispadane et la Transpadane cn juillet 1797,
Par le traité de Tolentino, Pie VI avait renoucé à ses droits souverains sur la Romagne et, par là, dèlie de leurs serments tous ses precèdente sujets. En outTe, la Cisalpine n'enlevait au Souverain Pontife que les trois Légations; celui-ci gardait, avec Rome et les provinces voisines, le titre de souverain, qui garantissait par son indépendance temporelle son indépendance spiri-tuclle. Meme lorsquc Bcrtbicr occuperà le reste des Etats poutificanx en 1798 Rome formerà ime République distincte. La Cisalpine n'aura aucune re-sponsabilité dans cotte confìscation. Le cas de consciencc qui se poserà en 1870 aux catboliqnes italiens ne se posai t donc pas aux diocésains d'Imola, ni à leur éveque. La situation se simplifiait d'autant.
Leveque d'Imola se prèta également à sacrifier les privilèges et titres de caractère aristocratique. La constitution de la Cisalpine avait ab oli, en effet, au nom de l'égauté, la noblesse, les distinctions de naissances, en oppo-sition aux droits de l'bomme et à la pure loi démocratique, et il mostro della feudalità. Par là elle se conformait à l'esprit de la Revolution; par là elle répondait également aux revendications des Jansénistes, qui voulaient spiritualiser l'Eglisc en la detachant de toutes les dignités et de tous profits séculiers. Mais elle ne touebait pas à la constitution méme de certe Eglise. Il s'agissait d'une affaire uniquement temporelle, car si la hiérarchie relève du droit divin, il n'en va pas de méme des titres et privilèges féodaux, que les circonstances bistoriques avaient conférés aux évèqucs et qui ne relè* vaient pas de leur mission spirituelle.
Le cardinal abandonne donc sans protester ses fiefs de Bagnara, Tovano et Poggiolo; il accepte de suppriiner les prières liturgiques pour l'Empereur, car, en fait, cellcsci ne répondaient plus à la situation, puisque le Saint Empire Romain Germanique ne rappelait que de très loin cerni de la Cbrétientc medievale; cornine l'observera bientòt M. de Talleyrand, ce Saint Empire Romain n'était plus ni romain, ni saint. II renoncc au titre de Monseigneur, déclaré par le Gouvernement vain et vide , et s'intitule désormais Ci-toyen Cardinal; il conscnt à adopter dans ses actes et pièCes épiscopales le style républicain, substitue au calendricr grégorien le calendrier nouveau, manie avec dextérité les vocables bucoliques donnés aux mois par le poète Fabre d'Eglantine, Horéal, Germinai, Prairial, ctc. Discrètement, l'évéque, mèle toutefois aux nouvelles formulcs une note chrétienne; le Salute républicain final s'accroit de benedizione; ses lcttxes portent en tote à gaudio: Libertà, à droite: Eguaglianza; mais il intercalo au milieu, à la place de Fraternità: E pace nel Signore Nostro Gesti Cristo.
Mais s'il cède sur tous ces points secondai ree, sans la moindrc di fliculté, le cardinal n'en tiendra que plus ferméinen t la ligne de résistauce qu'il s'est nettement et résolument fixéc. Dans sa réponse au ministre de la police, qui lui avait enjoint, le 7 brumaire, de se eonformer au protocolo et à la terminologie nouvelles, il déclare en effet: