Rassegna storica del Risorgimento

PIO VII ; CISALPINA (REPUBBLICA)
anno <1956>   pagina <429>
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Le cardinal Cliiarainonti, évèquc. dimoia 429
Dans ma précédente lettre du 8 euurant, j'espcre epe voua avez constate, citoyen, conibien je suis infininient pénétré do l'obéissancc que tout ben catholique, et encore plus un évèque doit au pouvoir constitué cn tout ce qui concerne la politique et le temporel, et j'espère que vous ne me ferez pas le tort de croire que je puisse étre en désaccord avec ces principes.
Cela pose, il ne déplairapas au Directoire, j'en suis persuade, qu'on mette en lumière quelqucs points rclatìfs à des objets spirituels, qui dépendeut exclusivement du pouvoir spidtuel qui a été confié par Jésus-Christ aux pas-teurs de l'Eglise, et dont se prévalent Ics évèques, depuis nos jours jusqu*aux premiers jours de l'Eglise. Ces objets spirituels scront réservés par cette infi­me Eglise pour supprimer tout équivoque et conjurer le perii d'invasimi des adversaires de la Foi. Je pense également qu'on écartera complètement le Boupcon de vouloir exclure la subordination due, en ce qui concerne la reli-gion, de droit divin au Souverain Pontife, clief visible et centro de Punite catholique .
Ainsi se delimitait le terxain où s'ciigagcrait le conili t des principes. Antro chosc en effet reconnaìtre un regime comme légitime, autre chose adopter ridéologie de eeluici. Daus ce con Ili t, le cardinal Chiaramonti défendra éner-giquement la doctrine et les droits do l'Eglise, quand les abus de compétence du gouvernement les mettront en cause. Mais, pour les défendre, il aura la manière, une manière qui annonce déjà le fu tur Pie VII et qu'il importe de caraetériser.
Les divergences cssenticllcs portèrent sur deux points: la constitution de la Cisalpine, la loi sur les cultes du 13 vendémiaire.
Des nécessités pratiques obligèrent le cardinal à se prononcer d'abord sur' la loi de vendémiaire, qui restreignait gravement la liberto du eulte ga-rantie par la constitution. Cette loi en effet interdit de fairc aucun cas de tout papier relatif au eulte qui proviendrait d'une personne résidant hors de la République, réserve au gouvernement la nomination des évéques, astre-ints à prèter serment de fidelité, et l'élection des curés, aux citoyens actifs de la commune, l'évèque se bornant à donner un certifìcat d'idonéité et l'ins-titution canonique. Toutes ces dispositions s'aggravent en outre pax suite de l'interprétation officicllc qu'en donne le Directoire et qui les xendent encore plus strictes et plus inacccptables.
Le cardinal alors s'engagc Mais au lieu de fulmincr, comme le cardinal .Mattei, et d'accuser les antithèses, avec beaucoup de calme, sur un ton de­gagé, il feint xnnocemment d'ètre entièrement d'accord avec les Directcurs de la Cisalpine: citoyens éclairés et pleins de sollicitude pour la conserva-tion des dogmes et de la discipline de la Sainte Eglise catholique, ceux-ci ne peuvent concevoir les choses autrement que luimème;xetournant contro eux leurs procédés cxégétiqucs, les eouvrant de comnlimcnts flatteurs en apparence, mais dans son esprit, passablcmentironiqucs, avec l'adresse d'un prestidigitateur, l'évèque d'Imola substitue en effet sur tous les articles en litige à l'inadmissiblc interprótation du gouvernement sa propre interpreta­ti on qui rendrait cette loi admissible, en limi tani son application aux effets civils et poUtiques, car seuls, rappeUc-t-il Ics effets civils et politiques relèvent de la souveraineté temporeUe, tandis que Ics effets spirituels relèvcnt de la seule autorité de l'Eglise.