Rassegna storica del Risorgimento

PIO VII ; CISALPINA (REPUBBLICA)
anno <1956>   pagina <430>
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430 Jean Leflon
L'éveque d'Imola ne se déclare pas sculement persuado quc le gou-vernc.ra.cnt de la Cisalpine s'interdirà tonte iugérencc dans le domaine rcli-gieux qui n'est pas le sten; il va j usqu'à cntretcnir la constante conuance que, pleins d'houimago pourla Divini té et pour Ies reprcsentants de l'Hom-me Dieu sur terre, laissant libre cours à l'exercice de Ieur pouvoir, selon le mode et l'ordrc établi par lui, les membres du Directoire assumeront le noble devoir religieux de défenscurs de la Sainte Kglise et de ses miuistres, corame Pont tellcment préconisé les Saints Pèrcs et Ics Conciles généraux .
H admet toutefois que des cnangements de forme extérieure peuvent ètre amenés par les circonstances; encore doivent-ils se lrmiter à des for-mes exterieures, dogme, morale, discipline restant integrale-m ent saufs, Ces changements de forme extérieure, Ics autorités milauaises les laisseront diriger par les personnes sacrées, en qui notre divin Sauvenr a depose toute son autorité divine, selon l'ordre de la hiérarebie ecclésiastique et cette pensée remplit de consolation l'Eraincntissime Cbiaramonti.
Ainsi trouvatil moyen de rappelcr le gouvernement au respect des principes en le félicitant d'une juste compréhension et d'excellentes dispo-sitions malicieusement supposées. Celui-ci était bel et bien remis, de main de maitre, à sa place, mais avec tuie fine élégance et une natteuse diplomatie qui le désarmaient et lui interdisaient de se fàcher.
Cette ingérence du temporel dans le spirituel n'avait ricn de spécifique-ment révolutionnairc et continuait tout simplement la tradition d*Ancien Regime, où joséphisme, gallicanisme, régalisme, jurisdictionalisme soumet-taient l'Eglise à l'autorité envahissante du prince; seules étaient nouvclles certaines modalités de cette ingérence, par exemple le système d'élection des curés sous con tròie de la République. Il en va tout autrement pour la constitution du 8 juillet 1797 qui introduisait en Cisalpine les immortels principes de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, proclamés par PAssemblée Constituante rrancaise de 1789. En vertu de ces principes, consacrant le droit à la liberté et à l'égalité, tous les cultes avaient in-différemment des droits identiques; le catbolicisme n'était plus reconnu corame religion d'Etat, ni méme corame religion dominante; en mettant toutes les religions sur le méme pied, la République n'en professait aucune.
Clergé et fidèles de la Cisalpine pouvaientils, en conscience, accepter cette Constitution, qui déniait à leur Eglise des droits regardés par elle comme inaliénables et essentiels? Tel était le cas de conscience à résoudxe. Dès l'origine, le nationalisme et l'unitarisme italiens se heurtaient dono au problème du liberalisme, qui aggraverà constarament les autres problèmes religieux posés par le Risorgimento. Or, il s'agissait d'une problème nou-veau, très différent de ceux qui, sous 1*Ancien Regime, autoritaire, régalien, mais ofiiciellement catholique, inettaicnt aux prises, depuis des siccles, l'Eglise et l'Etàt. Quelle solution lui donner?
A ce sujct, le cardinal Chiaramonti, est obligé de se prononcer, car, le 19 frimaire an V, Oliva et Monti, commissaires du gouvernement en Romagne, lui enjoignent positivement de pnblier une pastorale, où il incinquerà Pobéissance aux loia, l'amour de la République et fera connaitre que l'esprit évangélique est fonde sur les maximes de la liberté, de l'égalité, de la fraternité et nullement cu oppositiou avec la démocratie ,