Rassegna storica del Risorgimento

PIO VII ; CISALPINA (REPUBBLICA)
anno <1956>   pagina <432>
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432 Jean Leflon
par les royalistes, afta de mobiliser Ics couscienccs au service de la con tre révò-Xiitàon. politique, par les e anemia de l'Eglise* afiu de mobiliser contro celle-ei les partisans de la Revolution.
Si importante et si courageuse qu'elle soit, cette déclaration perd tou-tefois beaucoup de son sens et de sa valeur, quand on la détache du eontexte:, cornine il arri ve trop généralement. Bn donnant satisfaction au gouvernement de la Cisalpine, elle iatroduit en effet le thème essentiel que veut, avant tout, traiter le cardinal: la démocratie ne peut assurer l'ordre et la felicitò publiques, ni mente subsister, en méconnaissant l'Eglise et en se passaut de son surnaturel concours. Àppuyée de preuves kistorique et nourrie de la plus haute théologie, sa loague et émouvante argumentation peut se résu-mer comme suit: la démocratie esige la vertu, puisque Pobéissance relève de la volo a té individuelle dans rautonomie et la liberté, au lieu d'étre im-posée et contraiate par Pabsolutisme du prince; or les vertus morales natu-relles, l'histoire de la République romaine le prouve, ne suffisent pas à faire les bons démocrates; cellesci ont besoin du complément surnaturel des vertus théologiques, donc de la lumière et des gràces de PEvangile. D'où cette con-clusion: Une vertu commune suffirait peut-étre pour garantir la prospérité durable des autres formes de gouvernement. La notre exige davantage. Ef-forcezvous d'atteindre à toute la hauteur de la vertu et vous serez de vrais démocrates. Accomplissez fidèlement les préceptes évangéliques et vous se­rez la joie de la République. Soyez bons catholiques, et vous serez bons démocrates.
Toute Pliomélie aboutit donc à prouver Perreur commise par la cons­ti tution de la Cisalpine, libérale et indifférentiste, qui méconnait les droits et la necessitò sociale de l'Eglise. Mais elle condamne cette erreur sans le dire et sans prononcer le mot de coastitutioa. A boa eateadeur, salut 1 Loin de présenter TEglise comme systématiquement hostile au regime nouveau, elle la montre au contraire posids ponendis., toute prète à le baptiser et à lui consentir son indispensable appui.
Le cardinal avait donc plaidé la cause que les couunissatrcs du Direc-toire lui eajoignaient positivemeut de plaider: Vous ferez connaitre que l'esprit évangélique est fonde sur les maximes de la liberté, de l'égaKté, de la fraternité et nullement en oppositioa avec la démocratie. Mais, en couser-vant le thème impéré, comme les contrapuntistes, il l'avait belet bien renversé pour établir que les dites maximes et la dite démocratie ne pouvaient solide-ment et xéellement se fonder que sur la doctrine et les vertus de PEvangile.
Opérer sans accroe pareil rétablissement supposait une virtuosité peu commune et uue rare maitrise. Pour réussir ce véritable tour de force, il ne fallait pas moius que la sù.reté dootrioale, l'ouverture d'esprit, la discrétion tonte bénédictine, le tact, la finesse da futur Pie VII. Mais plus qu'un chef d'oeuvre de seience et d'adresse, cette homélie, qui marque une date daus Phistoire, est une chef d'oeuvre de lumineuse et compréhensive charité.
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Les linùtes de cette communication m'ont obligé de tout réduire à Pcs-sentiel: le eouflit des prinoipcs, qui préludait à la crise libérale du XIX*m0 siede en general et aux problèmes religieux que poserà en Italie le mouve-