Rassegna storica del Risorgimento
1853 ; KOSSUTH LAJOS ; RICCIARDI GIUSEPPE
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1956
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460
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460 Stefano Markus
APPENDICE
LUIGI KOSSUTH A GIUSEPPE NAPOLEONE RICCIARDI
21 Alpha Road, RegenCs Park, Londres, le 10 mai 1853.
Monsieur,
J'ai recu ily a quelques jours Votre Histoire de la Revolution d'Italie doni vous aves bien voulu m'honorer, et je vous prie oVagréer mes remereintents bien sincères pour cette marque de sympathie fraternelle, que je ne cesserai pas de che-rir et d''estimer comme elle merite si bien par sa valeur, intrinsèque comme aussi per la bonté de son Auteur.
Cest encore cette bonté, cette votre induìgence que je reclame en ma quali té de retardatairepour n'avoir point répondu plus tot, à votre faveur du 14 mars.
Ma position est bien singulière, ilfaut la connaitre,pour ne point m'en vou-loir de ce que chez d'autres serait de la négligence, si non un manque d'égard, mais que dans ma position n'est que la necessiti inevitable.
Devouant comme je dois tout mon temps avant tout à mes devoirs réguliers, il m'en reste peu pour de la correspondance accidentelle, que n'ayant aucun sé' cretaire pour m'aider, mes lettres s'ammassent souvent par centaines, sans que je puisse répondre si promptement comme je voudrais et comme je devrais. Cest donc bien tard queje reponde. Ne m'en veuillez pas, je vous en prie.
Je n'ai pas lu la Presse ily a bien longtemps ainsi donc je n'ai pas Vhon-neur de connaitre ce que vous y avezfait insérer. La Presse francaise surveillée par Vombrageuse jalousìe de l'arbitraire ne me parait pas en état de pouvoir bien souvent fournir cette instruction, soit en matière de faits, soit en matière d'idées, que j'aime à puiser dans la lecture des journaux; non seulement elle ii'est pas Vorgan de Vopinion publique mais elle ne Cest pas méme de Vopinion de ses éditeurs respectifs et comme je ne suis pas assez riche ni en argent ni en loisir pour /aire la chasse à travers de vastes deserts dans Vespoir d*y trouver quelque fois par hasard un petite oasis, je ne lis pax les journaux francais quoiqueje prende beaucoup de soin d'Stre bien informe sur tout qui se passe ou bien pourrait se passer en France.
Cependant il y a dans votre lettre amicale assez dHndication sur que vous voulez bien appeller notre mission pour pouvoir hasarder quelques remarques en échange des vótres dont je ne manque pas d*aprecier la valeur et la pureté d'intention.
Vous avez bien raison de dire, que la veri té doit Sire dite plus encore aux amis, qu'aux ennemis, mais je vous demando permission de dire que ce que nous parait Stre de la verìté n*est souvent qu'une opinion plus ou moins juste; mais pourtantpas autre chose qu'une opinion. Ily a si peu de verités absolues enpo-litiquel et moins encore dans notre jugement sur Vattitude des autresl Cor c'est presque impossible oVenjuger sans la connaissance par/aite de toutes les cir-constances de celui que nous jugeons. Vous me parlez, par exemple, de notre mission n mais mai je ne me connais aucune Mission je ne me connais que des devoir envers ma patrie, comme envers Vhumanitè.