Rassegna storica del Risorgimento
1849 ; PALMERSTON, WILLIAM H. TEMPLE, LORD ; STATO PONTIFICIO
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1956
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539
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PALMERSTON ET LES ETATS PONTIFICAUX EN 1849
Deux lettrcs adressées au roi Léopold I pax Sylvain Van de Weyer ministre de Belgique à Londre, nous font connaitre l'avis de Palmerston sur Popportunité en 1849 de maintcnir les Etats pontificaux.')
En voulant, face au Risorgimento, conscrvcr les Etats pontificaux et s'opposer au libéralisme politique, le Saint-Siège ne manife6tait pas scule-ment son indéiectible attachement à des pratiqucs d'ancien regime, il pré-tendait, en outre et surtout, sauvegarder l'orthodoxie catholique. Pour atteindre scs buts nationaux, le Risorgimento avait dès Iors non seulement à s'assurer la victoire par les armes en Italie et par la diplomatie en Europe, il lui fallait encore apporter une solution au doublé problème religieux que l'EgUse posait: celui du libéralisme, celui du pouvoir tempore! des papes. Le Risorgimento apparaissait donc aux yeux du souverain Pontife comme une revolution religieuse: on ne l'a pas assez souligné.
Dans son opposition au mouvement national italien, le Saint-Siège fut sans doute entrarne par des préoccupations politiqucs. Il subissait le poids des conjonctures internationales: qu'on songe aux pressions de l'Autriche, du moins pour la période d'avant 1848, et aux interventions de la France. La rivali té austro-francaise cut sous Pceil inquiet de FAngleterre et de la Russie une grande importauce dans le comportcment de l'Eglise. 2)
Non seulement les Etats pontificaux pouvaient ètre à la merci des com-pétitions de ces grandes Puìssances, mais comme le montrent les arcnives de la nonciature de Vienne, 3) le secrétaire d'Etat Bernetti, par exemple, veillait sinon à provoquer ou a entretenir ces querelles et ces jalousies du moins à enprofi ter pour constituer un front uni que: non pi us celui de la Sain-te Alliance, mais celui des intérèts méditerranécns. Plus encore, si Metter* nicb avait grand crédit auprès du Saint-Siège, celui-ci en avait un plus grand à Vienne. A lire les dépèches du mème Bernetti lequel, il est vrai, dut à cause de ses trop grandes exigences abandonner le pouvoir on remarque que souvent le secrétaire d'Etat menait le jeu, entre autres pour les affaires de Naples et cclles d'Ancone en 1831.*)
1) Ce soni deux lettres (minutes) de Van de Weyer Léopold I, Pane du 14 février 1849, l'autre du 20 octobre de lo mème annee. Elles se trouveut aux archives du Roynumc à Bruxelles, dans les papiers Van de Weyer, Dossier 117. Van de Weyer (1802-1874) ministre de Belgique à LondreH de 1831 A 1867, était en frequente correspondance avec le roi Léopold dont il était un des consolile les plus écoutés. Sur Van de Weyer, voir Sylvain Van de Weyer, Bruxelles, 1877, A. SIMON, Le Ministèro Van de Weyer, 1845-1846, dans La Renne Generale Belge, 15 juillct 1954.
2) Voir sur tonte catte question, R. AUBEHT, Le Pontificai de Pie IX, Paris, 1952; G. MOLLAT, La Question Homaine, Paris, 1932, Cri. IT. PotTHAS, Democratica et Capitalismo, Paris, 1941; D. CANTISI OR r, 1848 en Italie, J. P. T. Bunv, La Grande Bretagna et la Revolution de 1848, dans Le Printemps dot Peuples, Paris, 1948.
3) Les documenta de la nonciature de Vienne se trouvcnl aux Archivcs vaticane dans deux fonds differente: l'uri classe pur années dans Segr. di Stato, n. 247, marnatura di Vienna, l'autre Archivio nunziatura di Vienna, classe par nonciature. Le premier eoo tieni les originaux des lettres des nonces au secrétaire d'Etat et quelqnes minutes de réponscs de celui-ci, l'autre contieni les originaux des lettrcs du secrétaire d'Etat et la correspondance des nonces.
*) Ces lettres de Bernetti se trouvcnl dans Archivio num. di Vienna, t. 258 et 273.