Rassegna storica del Risorgimento

DEMOGRAFIA ; ECONOMIA
anno <1957>   pagina <384>
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384 Jacques Godechol
L'agriculture, donc, fournissait le produit nei. U importait, par suite de favo riser les agricultcurs, et surtout les propriétaires fonciers. Quesnay deman­dai t, eu conséquonce, de profondes réformes: partage des bicns conimunaux, suppression de la vaine pàture et autorisation de clorc, suppression, par rachat des dtoits féodaux, suppression des barrières douanières et libre cir-eulation des grains. Le prix de ceux-ci augmentera et la culture devieudra plus rémunératrice pour le propriétaire foncier, Tels sont les principes qui servirent de base à la doctrine des pbysiocrates. En Italie, Genovesi em-prunte à Quesnay une par tic de ses idées, mais il en émet d'autres, ori-ginales. C'est pour Genovesi que fut créée en 1754, la première chairc d'eco­nomie politique qui ait existé au monde, celle de l'Université de Naples. A Naples encore, Filangieri et l'abbó Galiani, à Milan Pietro Verri, à Yenisc Zauou, en Toscane, Gianni, Paolina, Tolomei; d'autres encore dans tonte l'Italie, consacrent la plus grande partie de leurs esuvres à l'étude des anié-lioradoas économiques.
Toutes ces lumières furcnt largement répandues par VEncyclopèdie, ce grand dictionnaire des connaissances kumaines publié par l'Alembert et Diderot, à partir de 1751. Malgré les difneulfés que lui opposa le gouverne-nient royal, VEncyclopèdie pluaieurs fois suspendue, fut terminée en 1772 et répandue dans tonte l'Europe et en Amérique.
Plus encore que YEnciclopédie, les sociétés de pensée diffusèrent les lumières . Parmi ces sociétés, la frane-maconnerie occupe une place importante, et elle se développa en Italie cornine dans les autres pays de l'Occident, malgré les interdictions pontificales. Mais, à coté de la frane maconnerie, il y eut les cercles littéraires, et surtout les sociétés d'àgricul-ture. En Franco, le première fut créée à Rennes, semblet-il, en 1757. On frait par en compter une vingtaine. En Italie, il en apparut dans chaque état, mais c'est surtout l'Académie des Géorgophiles, de Florence, qui devint célèbre. En Espagne, la Société éconoinique de Madrid, et les sociétés d'amis du pays on en comptait 44 en 1788 jouèrent un ròle analogue. En Angleterre, en Irlande, aux EtatsUnis, de semblables sociétés se multi-plièrent. Leur nombre explique la large diffnsion. des lumières dans toutes les classes cultivées de l'Europe et de l'Amérique.
H est incontcstàble que toutes ces idées ont développé en Italie la cons-cience d'un nécessaire renouveau. Dans l'ordes politi que, les ouvrages de Montesquieu, de Voltaire, de Rousseau, ont fait apercevoir quel róle pour-rait jouer l'Italie, si elle formait une nation unifiée, si le peuple et le sou-verain étaient liés par un contrat ou pacte constitutionneL Beccaria a prò-voqué la réforme des co des et de la procedure. Les économistes, de leur coté, en pronant les avantages de la libre circulation des marebandises, de l'abolition des barrières douanières, ont renforcé l'idée d'unite italienne en lui donnant une base éoonomique. Genovesi, dans ses annotations à la tra-duction italienne d'une Hìstoire du commerce de la Grande-Bretagne, de John Garry, écrit que la seule manière de voir refleurir l'intelligence et la vigueur des ItaUcns, c'est de les réunir en un scul état. *)
1) GINO LI;ZZ ATTO, Storiaeconomi cu dell'età moderna e contemporanmi, t. II, L'età con­temporanea dal 1700 al 1894,, Padova, 1948, pp. 141-182.