Rassegna storica del Risorgimento

DEMOGRAFIA ; ECONOMIA
anno <1957>   pagina <386>
immagine non disponibile

386
Jacques Godechot
Cette auguicntation, cousidérablc pour l'epoque, pose à l'historicn dif-féreutcs qucstions:
1) Commcut, pourquoi cette hausse?
2) Quelles ont été les conséquences de cette croissance?
3) Peut-on rattacker le moavement d'idécs des luniières et la revolution qui suivit à cette considérable augmentation de population? Et, par voie de conséquence, les origincs du Risorgimento et le Risorgimento luimeme, n'ont ile pas été provoqués, en partie du moins, par la croissance rapide de la population italicnnc?
1) En ce qui concerne les causes et le mécanisme de la hausse, nous devons avouer la médriocrité de notre documcntation. Les travaux de démo-graphie, relatifs à l'Italie, qu'il m'a été possible de consulter, cenx de Prato et de M. Gino Luzzatto notamment ne m'out paa renseigné à cet égard. Mais puisqu'il s'agit d'un pkénoniènc commun à tonte l'Europe, en tout cas constate avec certitude dans tonte l'Europe occidentale, on peut estimcr que les observatious faites dans une région peuvent s'appliquer à une autre, du moins provisoirement, en attendant des études plus détaillécs. En France, l'utilisasion des registres paroissiaux qui ont convenablcment euregistré au XYTIP siècle Ics baptémes, les mariages et les cnterrements permet de suivre la marche de la croissance de la population. Les travaux qui ont été réalisés en différents points de la France, et notamment dans la région de Toulouse, montrent que l'augmentation de la population n'est pas due à l'augmentation de la natalité, qui était très forte, et qui reste très forte jusqu'à la fin du XVIII8 siècle. ') Elle n'est pas due, non plus à la dimi-nution de la mortalité infantile, qui tout au long du XYIH* siècle, se niain-tient à un taux particulièrement élevé. Par contre, on constate une dimi-nution de la mortalité des adultcs, surtout dans les groupes d'àges de 20 à 50 ans, et cette diminution va s'accentuant à partir de 1730. Àutrement dit, la durée de la vie humaine augmente, on vit plus vieux, il y a plus de vieillards.
Quant aux causes de la diminution de la mortalité des adultcs, elles sont délicates à établir. Il ne semble pas qu'on doive les attribuer aux pro­grès de la médecine. En France, cornine en Italie, le nombre des médecins reste très modeste aux XVili" siede, presque tous sont établis dans les vii-les, les campagnes en Bont privées. Et là où les médecins sont nombreux et compétents, par exemple à la cour des rois et des princes, la maladie n'en exerce pas moins ses ravages.
il s'agit donc d'une amélioration des conditions de vie des adultes. On a suggéré l'hypothèse d'un climat plus favorable. Mais nous possédons, pour le XV 111" siècle de nombreux renseignements météorologiques qui mon­trent que le climat était le meme qu'an XVII" ou au XIX" siècle.
En fait, il semble qu'on doive rechercher les causes de la baisse de la mortalité des adultes dans Pamélioration de l'alimentation. Pendant loug-temps, la plus grande partie de la population européenne a été sous-ali-
') C. ANGM.DE, ISivolution feonomique et sociale tfe Villoneuve do Rivière du début du XVIir siòch à 1900. Toólouse, 1955.