Rassegna storica del Risorgimento

DEMOGRAFIA ; ECONOMIA
anno <1957>   pagina <387>
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Démographie et economie dans les origincs du Risorgimento 387
inentce, cornine le sont encore aujourd'liui Ics populatious de l'Asie et d'une partie de l'Afrique. Elles n'oflraient alors à la ni al a die, aux epidèmica que une résistance minime. Depuis le XVI" siede, Palimentation de La popula-tion européennc est cn voie de transforniation complète, gràce à l'importa-tion de plantes nouvellcs venues d'Ainérique: mais, pommes de terre, hari-cots, potiron. Chaque année, depuis le milieu du XVI0 siècle, la culture de ces plantes a gagné du terrain, leur consommation directe ou indirccte par exemple celle du mais sous forme de volailles engraissécs a fait des pro­gres* L'Européen consomme aussi plus de sucre, venu lui aussi en grande partie d'Ainérique. Il est caractéristique de noter qu'à Montauban, ville de la région de Toulouse, les inarchés sont régulièremcnt approvisionnés en mais à partir de 1717, et que c'est à partir de 1730 qu'on y voit fléchir le taux de mortalité des adultes. En Italie, M. Gino Luzzato note à la méme epoque le développement de la culture du riz, du mais et de la vigne.x) Ainsi la découverte de l'Ainériquc, une meilleure connaissance des pays asia-tiques seraient-ils à l'origine, par l'intcrmédiairc de l'exportation de plantes nouvelles, de la haussc de population qui caractérise si nettemcut l'histoire de l'Europe occidentale au XVIII8 siècle.
2) Quelles ont été Ics conséquences de cette croissance démographique? D'abord un accroissement des jeunes, dans tous les pays de l'Europe occi­dentale. Le XVIII0 siècle est le siècle des jeunes; ils tiennent une place con­siderarne dans les révolutions de la fin du siècle. Mais aussi l'accroissemcnt du nombre des pauvres et une acuite accrue du problème du ravitaillement. En effet, les classes supérieurcs, la noblesse et la bourgeoisie, furent assez peu toucnées par la baisse de la mortalité des adultes. Déjà bien nour-ries, elles oafcnt moins de prise à la maladie que les classes populaires. Ce sont celles-ci, au contraire, qui ont pronte de Pamélioration de Palimen­tation. Mais si ces pauvres survivent, ils vivent mal. Le grand problème qui se pose au XVIII* siècle en Europe est celui de la nourriture et de Pem-ploi d'une main d'ceuvre accrue. La Russie, l'Autriche, la Prusse, qui dis-posaient d'immenses territoires iucultes, entreprennent une véritable colo-nisation intérieure. La Suisse, PAllemagne rhenane, PAngleterre, l'Irlande envoicnt des colon en Amérique. Mais à cette epoque, ni les Francais ni les Italiens ne s'expatrient. la France perd d'ailleurs le Canada en 1763. Ainsi dans les villes, et surtout dans les campagnes, le nombre des sans-travail augmente. En France, à la veille de la Revolution, il y a une quan-tité effroyable de vagabonds. Certains cahiers de doléanees expriment bien, en 1789, cette situation: Le nombre de nos enfants nous désespère, nous n'avous paB de quoi les nourrir, les vétir... éerivent les paysans de La Caune, dans le bailliage de Chalons. Ces vagabonds, sans terre, sans feu ni lieu , babitent les forèts, où ils se font charbonniers, envahissent les communaux, essayent de tirer parti des landes et des marais.a) Hs sont, bien entendu les adversaires d*un système social qui les raet au ban de la Nation. Ils deviennent rapidement desbrigands ; en France, ils forraeront Parmée de la Revolution.
1) GINO LUZZAITO, Storia economica, cit.
2) G. LEFEBVKE, La grande patir, Park, 1931.