Rassegna storica del Risorgimento

DEMOGRAFIA ; ECONOMIA
anno <1957>   pagina <388>
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388 Jacques Codrchot
3) Nous en arrivons maintcnant à la troisième et damiere question quo nous avons posée: comuient l'augmentation de la popnlation a-t-elle pu provoquer, en partie, du nioins, le mouvement d'idces des lumières , et par suite, Ics origincs du Risorgimento?
La croissance de la population a pose en Italie co amie ailleurs, en Italie peut-étre plus qu'ailleurs le problème de la transforma tion des structures agraires et de l'augmentation de la production agricole.
En effet. en Italie, au XVIII* siede, le commerce extéricur est en <limi-nution par suite de la fenneturc de ses principaux debouchés, les pays du Levant, où il se lieurte à la concurrence des produits francais et anglais. L'interruption de ce commerce amène l'arrdt des industries qui l'alimentaient, notamment l'industrie des tissus de lainc, de Florence, et celles des soieries d'apparat de Venise. Les artisans quittent les villes pour allcr habitcr la campagne, l'aristocratie elle-mémc abandonne ses palais des grandes cités pour sercpber dans ses belles villas rurales. Il est caraetéristique de cons-tater que la population de la ville de Venise a diminué, au XVIII* siede, passant de 145.790 babitants en 1581 à 147.700 en 1755 et à moins de 140.000 en 1790, tandis qu'au contraire, la population du Frioul montai t de 196.500 babitants en 1581 à 342.000 en 1755.l) A Pexcédent de popu­lation consécutìf à la baisse de la monalito, sont venus s'ajouter les émigrés des villes.
Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que le problème de l'aug­mentation de la production agricole se soit rapìdement pose. Si les plantes nouvelles, la modification des assolerò cnts, les progrés de l'outillage agricole avaient permis la croissance de la population qu'on constate dans le premier tiers du XVIH* siede, bientót la population a augmenté plus vite que les ressources alimentaircs.
C'est afin d'augmenter celle-ci, et aussi de fournir de l'emploi à l'ex­cédent de la population rurale que les penseurs se sont préoccupés des pro-blèmes agraires. Dès 1737, Sallustio Bandirli, dans son Discorso economico, préconise l'établisscment d'un cadastre en Toscane, et l'abolition des doua-nes intérieures. Quelque temps après, Pompeo Neri, jeune secrétaire d'Etat aux finances du grand-duché de Toscane, établit la libre circulation des grains dans la Maremme, et entreprend la confcction du cadastre.2) A la suite de cette réalisation, Pompeo Neri est appdé en Lombardie pour y établir aussi un cadastre: une meilleure délimitation des propriétés devait permettre aux laboureurs de mieux cultiver ebaque parcelle du sol. Geno­vesi à Naples, Pietro Verri à Milan, d'autres encore préconisent la libre circulation des grains, non plus dans une province seulement, mais dans tout l'Etat, et mèra e entre les Etats, dans tonte l'Italie. Il ne s'agì t pas ici d'exposés abstraits, de platcs imitations d'ouvrages étrangers dietés, en quelque sorte par une mode , mais de solutions proposées à des problèmes urgents: un mcilleur cmploi de la main d'oeuvre rurale et la nécessité de nourrir une population sans cesse accrue. Le problème de la circulation des grains qui a éi6, pour l'Italie, remarqoablement étudìé par M. Dal Pane,
J) G. LUZZATTO, Storia economica, cìr.
2) R. MORI, Le riformo leopoldine nd pensiero degli economisti toscani del "700, Firenze, 1951.