Rassegna storica del Risorgimento

1806 ; BEAUHARNAIS EUG?NE ; VENEZIA ; NAPOLEONE I
anno <1957>   pagina <636>
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LES DÉBUTS DU REGIME NAPOLÉONIEN À VENISE H D'APRÈS LES LETTRES INÉDITES
I D'EUGÈNE DE BEAUHARNAIS (1806) H
D est, aux Archives Nationales de Paris1) des Iettres du Vice Boi d'Ita­lie à Napoléon et des xapports de leurs suLalterncs <jue Ies éditeurs des cor-respondances de l'Empereur ou d'Eugène de Bcauharnais n'ont pas publiés. On en peut ccpendant tirer des clartés nouvelles sur les débuts du regime napoléonien à Venise2) au cours de l'aunée 1806.
Le 31 octobre 1803, Moli, représentant de l'Autriche à Milan, rappor­tate à ses cnefs certaincs déclarations de Melzi sur Venise:3) Bonaparte ne peut se dissimuler d'avoir ruiné, sacrifié et trahi les Vénitiens, après les avoir hercés de fausses espérances: on ne cesse d'écrire, de dire et d'impri­mer que cette action oflusquera étcrnellement sa mcmoire et Bonaparte s'en persuade de plus en plus; il se reproche d'avoir polonisé les états de Venise pour faire sa paix avec vous autres... .
D'autres motifs que ces remords poussaient assurc'ment le Premier Con-sul à reprendre Venise à l'Autriche: l'import ance commerciale de la ville carrefour des Communications entre l'Allemagne du Sud, l'Adriatique et l'Orient, sa valeur stratégique dans un pian de domination méditerranéenne. Il faut souligner les efforts déjà faits par Bonaparte, de Léoben à Lune-ville, pour enlever aux Autrichiens ce qu'il leur avait laissé prendre. Les articles des divers traités sont révélateurs. Au traité préliminaire de paix conclu à Léoben, l'Autriche obtenait, en sus de la Dalmatie et de PIstrie vénitienne, les pays de Terre Ferme à l'est de l'Oglio. Au traité de Campo-Formio, le domaine autrichicn n'atteignait plus l'Oglio et la frontière se fixait plus à l'est, traversait le Iac de Garde, suivait la rive gauche de l'Adige, puÌ8 celle du grand Pò jusqu'à la mer. A Lunéville enfin, le gou-vernement de Vienne abandonnait quelques territoires ex-vénitiens de plus et acceptait pour frontière l'Adige, depuis sa sortie du Tyrol jusqu'à son embouchure. En 1804, Talleyrand4) fit des ouvertures à l'Autriche, lui promettant un bel arrondissement en Valachie, Servie, Bosnie et Croatie turque si elle cédait Venise à la Bépublique Italienne. La victoire d'Aus-terlitz permit à Napoléon d'en finir avec ce partage; l'article 4 du traité de Presbourg (26 décembre 1805) dit: Sa Majesté l'Empereur d'Allemagne
1) Nona avons dépouillé, dans le fonda ÀF IV de la Secrétairerie d'Etat de l'Empire, les cartona 1684, 1710 A, 1710 B. L'importante publication de Du CASSE, Mémoires et Cortes-pondance. politique et militairo du Prince Eugènc, Paris 1858, fournit surtout des documenta de caractère militaire.
2) L'ouvragc constamniont cite" pour l'histohc de Venise sous Napoléon: NANI MOCE-NICO, Del dominio napoleonico a Venosta, 1896, est inBuflìsunt. La qncsiion est à reprendre en entier.
3) Cf. PINCAUD, Bonaparte presidimi de la République Italienne, U 2, p. 184, n. 1.
4) Ibid.t U 2, p. 419, n. 3.