Rassegna storica del Risorgimento
1806 ; BEAUHARNAIS EUG?NE ; VENEZIA ; NAPOLEONE I
anno
<
1957
>
pagina
<
639
>
Les délmn du regime napoleonica à Venise 639
l'arméc d'Italie furent réglées par lès services parisiens dirigés par Dcjean, mais il resta un artière dont la correspondance entre Napoléon et Eugène traita pendant plusieurs 6emaines.
A la fin de l'été 1806, les rentrées d'inipóts étaient toujours médiocres. Dans un rapport très confidentiel à l'Empereur,1) Lagarde, commissaire general de la police à Venise, écrivait le 11 septembre: On vient d'erre obligé de mettre des garnisaires chez les principales familles de Venise et de la Terre Ferme. A Venise seule, il y en a dans vingt cinq à trente mai-sons des plus riehes. Plusieurs ont porte leurs diamants au préfet en lui déclarant qu'elles étaient sans argent et qu'elles ne trouvaient à en em-prunter à aucun prix, tant il était rare! Cette penurie d'espèces était ex-pliquée par les exigences de numéraire pour les impòts de guerre, par l'in-clusion, dans le système monétaire du royaume d'Italie, des monnaies de Venise dont la valeur officielle fut réduite d'un tiers, enfin par la mise hors circulation de la monnaie de billon laissée par les Autrichiens. Lagarde ajoutait que: La stagnation de tout commerce a Venise, d'après les cir-constances maritimes, est encore telle que presqu'aucune rentrée de fonds n'y est opérée . Ce sont assurément ces difficultés qui poussèrent la famille Pisani à accepter, et peutétre à solliciter, l'acquisition de leur villa de Strà par Napoléon au début de l'été 1806.
Des servitudes militaires s'ajoutèrent pour les nouveaux sujets de Napoléon aux charges fiscales. La conscription fut établie pour la marine et acceptée sans récrimination, tandis que, pour l'armée de terre, elle suscita des émeutes dont Lagarde parla:2) Dans les provinces de Terre Ferme, la levée a été fixée à mille consciits, nombre mesuré et raisonnable. Elle y a cependant excité de fortes alarmes parce que les jeunes gens sont forcés à s'inserire pour le tirage et qu'on a suppose qu'on les ferait tous partir successivement. H y a méme eu, à ce sujet, quelques mouvements insur-rectionnels vers Este, sur les confins du département de la Brenta et de celui du Bacchiglione. La célérité avec laquelle le general Miollis a fait mar-cher des détachements francais en a impose aux séditieux animés par quelques ecclésiastiques ou moines. Les sept ou huit communes soulevées sont rentrées dans le devoir et les moteurs 6ont en ce moment arrètés et amenés à Padoue, où il sera sans doute fait sur eux un exemple nécessaire .
* * *
A l'exposé de ces difficultés fiscales et militaires, les lettres d'Eugène de Beauharnais et les rapports de Lagarde, joignent d'assez nombreuses considérations sur ce qu'ils nomment l'esprit public. L'exemple de Venise y est bcaucoup plus souvent invoqué que celui des villes de Terre Ferme.
Qu'y pensait-on du nouveau regime politique? Il n'est janiais question d'un iiomme ou d'un groupe ayant comploté pour faire éebapper Venise à la domination de Napoléon. La Prusse attaqua l'Empereur; les boues et les neiges de la Pologne retinrent la Grande Armée pendant tout Pliivef 1806-1807; la victoire fut incertaine jusqu'à la journée de Friedland... Il
i) Ibid. 2) Ibid.