Rassegna storica del Risorgimento

1806 ; BEAUHARNAIS EUG?NE ; VENEZIA ; NAPOLEONE I
anno <1957>   pagina <640>
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640 Ferdinand Boyer
n'y eut pas de soulcvement en Vénétic. En revancbe le déplaisir d'ètre mene par dea gouvernants milanais apparai tout de suite. Le Vice Boi écri-vait*> dès le 29 dicembre 1805: Peut-étre est-il une classe, ou più tòt une portion dee babitants, qui aimerait mieux quo leur pays format un état à part qu'une partie du Royaume d'Italie, mais eette opinion est loin d'ètre generale. Pas generale sans doute, mais assez tenace pour qu7il redise 2) le 7 avril 1806: Mes rapporta secrets m'annoncent qu'il existe une correspondance assez active entro plusieurs nobles de Yenise et MM. Bernadin, Renier, Mani et Aldini à Paris. Ces messieurs espéraient faire un état indépendant; ils avaient, d'après leurs lettres, le projet de faire aller une commission d'entre eux à Paris pour demander l'indépcndance à Votre Majesté. Le meneur de tout cela paraìt étre M. Corner;3) il m'ovait déjà été note comme intrigant... . Napoléon répondit le 14 avril sur un ton moqueur: Méfiez vous du bavardage des Italiens... Croyez qu'Aldini a trop d'esprit pour écrire des bètises. Le pays où vous étes est le pays des petits caquetages . Gela n'apaisa pas le prince Eugène qui placa dans sa lettre du 17 avril4' ce paragraphe: D'abord quelques questions impru-dentes avaient accoutumé les gros bonnets vénitiens à l'idée que leur pays formerait un état séparé; qu'ainsi dono les premières places de cet état seraient rcmplies par eux. Ce n'est pas sans quel que peine qu'ils ont été forcés tout d'un coup de renoncer à ces idées... . Cependant l'espone d'une administration séparée resta assez vivant pour qu'Eugène, expliquant le transfert de tableaux à Milan, répétàt le 12 aoùt 1806: Les Vénitiens étant entretenus par je ne sais qui dans l'idée qu'ils sont destinés par Votre Ma­jesté à former une fois un état à part, j'avais pensé que ce serait en quel­que sorte confirmer les vceux de quelques vénitiens et les craintes de beau-coup d'autres que de porter à Venise, plutdt qu'à Milan, les tableaux ou livres qui seront trouvés dans les églises supprimées de Padoue, de Trcvise ou de Vicence . s)
La correspondance, inedite ou imprimée, du Vice Roi entre l'été 1806 et décembre 1807, date de la venue de Napoléon à Venise, ne contieni plus d'allusions à ces réves autonomistes. On les retrouve dans les rapports de Lagarde; il n'aimait pas les chefs de bureaux de Milan et se plaisait à sou-ligner leurs maladresses ou leur aigreur envers les Vénitiens: Une con-ception digne de l'Empereur, dit-il6) le 19 juin 1806, sera de trouver le moyen de tenir Venise attacbce, comme elle doit l'étre, au royaume d'Italie sans en dépendre entièrement et de conciKer les devoirs des Vénitiens envers le Roi et le Vice Roi d'Italie avec leur antipatbie poussée jusqu'à l'horreur pour ce qu'ils nomment les Milanais: ils aimcnt mille fois mieux des Fran-
1) Ct Du CASSE, op. cit., t. 2, p. 32.
2) Ibidt, t. 2, p. 220.
3) Dcux patricicns da nota de Corner avaient eu à luire avec la police outriebienne, d'après les documenta conserve a l'Arelii'vio di Stato à Venise. Angelo Corner fot poursnivi le 15 févricr 1801 ponr parolcs nntigouvcrncmcntalcB prononccc en public A propos d'un avi affiebé par le Commundement militairc autriebicn. Le 7 notti 1802, Nicoletta Corner fut signnló comme nn influnnt panogyrÌBto de la démocratie.
*) Archives Nalionales, Paris, AF IV, 1710 A.
*) Jbid.
*) Archives Nationales, Paris, AF IV, J684,