Rassegna storica del Risorgimento
1806 ; BEAUHARNAIS EUG?NE ; VENEZIA ; NAPOLEONE I
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1957
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642
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642 Ferdinand Boyer
ex meiubrc de la municipali té de Venise cn 1796; Léonard Giustiniau, ex Sage de seconde classe; Revedin, ex-président au m ili taire et aux financcs dans la munioipalité de Venise en 1796, président de la Chambre de Coni* merce. Alvise Pisani, éorivaìt le Vice-Roi, est sans contredi t le plus grand persoiinage du pays et le plus populaire. C'est le propriétaire du palais dans lequel j'ai Iogé et du Cbateau de Strà, maison de campagne véritablement royale . Sur ces députés, Lagarde fit parvenir à l'Empereur, par Finter-médiairc du general Savary,l) son avis: Il y a à Paris une députation véni-tienne... Il faut l'cnbardir, la forcer presane à parler avec franchi se. Sinon elle se taira et reviendra multiplier les plaintes de ses concitoyens par l'inu-tilité d'une démarebe dont ils attendent beaucoup. L'bomine le plus fort de cette députation est le banquier Revedin. H a des moyens et de l'audace; il connait Venise et ses ressources. Mais, malgré ses jactances de dé-vouement, ce n'est pas un homme sur; il a été, durant toutes les dcrnières guerres, le banquier et l'approvisionneur des Russes et des Anglais dans la Mediterranée; il est bon de l'écouter avec défiance . Personne ne semble avoir recueilli les paroles écbangées entre l'Empereur et les Vénitiens, ni les souvenirs de ees derniers.2) Plus tard, en février 1807, Lagarde parla des e faveurs accordées par Napoléon à la députation, mais sans les préciser.
En automne 1806, Eugène 3) fit des propositions précises: pour la pré-fecture de l'Agogne à Novare, il avancait les noms de quatre vénitiens: Mocenigo, le podestat Renier, Corner bicn connu de Votre Majesté , Alvise Querini. Le chef de la famille Frangipani d'Udine devint préfet du Serio à Bergame. Le Vice Roi envisagea l'entrée dans le pcrsonnel de sa Maison de l'examirai vénitien Condulmer comme ebevalier d'bonneur de la Vice Reine, du comte Pola de Trévise et d'Alvise Querini comme ebam-bellans et de Frangipani jeune comme écuyer. Enfin, lorsqu'il nomma, le 28; novembre,4) trois députés du Royaume d'Italie pour aller féliciter Napoléon de ses victoires sur la Prusse, il designa le podestat Daniel Renier et s'en expliqua avec chaleur, parco que j'ai pcnsé, dit-il, que, lorsqu'il s'agissait de l'amour de vos peuples, Venise niéritait d'etre entendue avant Milan, et parce que M. Renier, personnage de première ligne dans son pays à eause de sa naissance, est aussi un de vos serviteurs les plus estimables et les plus fìdèles... .
Cette idée d'une population vénitienne plus attacbée à Napoléon, après dix mois seulement de gouvernement, que celle de Milan, peut étonner. Elle avait déjà été exprimée le 6 mai s) dans une lettre du Vice Roi après la proclamation officielle de la réuniou de Venise au Royaume d'Italie, definitive à dater du premier mai 1806: En general, écrivait Eugène, la proclamation a été recue dans le Royaume avec plaisir, mais sans enthousiasme;
>) Lettre de Lagarde a Savary, 19 juin 1806. Archivia Nationales, Paris, AF IV, 1684.
2) Le Journal de l'Empir, daitB son numero da mordi 17 juin 1806, relate l'audience accordile par l'Empereur le dimanche 15 juin aux Vénitiens et donno la traduction du dìs-cours pronunce en italien por Alvise Pisani. II n'est rion dit de I'attitudc de Napoléon, de ses propos "ii de ses décision.
3) Lettres du 20 octobre et dn 17 novembre 1806. Archives Nationales, Paris AP IV, 1684.
m Ibid.
S) Archives Nationales, Paris AF IV, 1710 A.