Rassegna storica del Risorgimento
1799-1800 ; VENEZIA ; CONCLAVI ; SPAGNA
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1957
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743
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La róle de V Espagne au Conclave de Venise 743
ne repondait mieux aux VUGB de Sa Majesté Apostolique et ne servirail plus heureusement ses intérèts.
Mais, le jeu de Vienne, si rieue en attuile, se trouva compieteli)ent brouillé par Pintervention de PEspagne, qui expédie d'urgcnce, à Venise, un mandataire mimi de pleins pouvoirs et singulièrenient adroit, Mgr. Des-puig. En l'occurrence, Sa Majesté très chrétienne ne se laisse pas plus dirìger par le pur amour , cher à Fénelon, que Sa Majesté Apostolique ellememe. La première, cornine la seconde, cherche avant tout ses intérèts politiques et eenx-ci les mettent gravement en conflit.
En Italie d'abord, leurs ambitions s'affrontent. Charles IV poursuit Poeuvre de ses prédécesseurs qui ont réussi à prendxe pied dans la Pénin-sule en iustallant à Parme l'infant don Philippe. Les médiations de 1796 1797, oeuvre du chevalier d'Azara, entre Bonaparte et Parme, Modène, Na-ples, le SaintSiège, trahissaient le dessein de maintenir ces positicms. voire de les étendre, en accroissant son ùifluence. Or, PAutriche, victorieuse en 1799, manifestare Pintention de dominer Outre Monts; elle avait acquis la Vénétie, reconquis le Milanais, enfia libere les Légations pontificales, offi-cieìlenient au nom du pape, mais effectivement pour son propre compte. De là une vive compétition.
Leur pobtique européenne oppose plus encore les deux cours que leur politique italienne. L'Espagne a conclu à Bàie une paix séparée avec la France, en abandonnant la croisade. Depuis ce traité, elle s'est rapprochée de la République révolutionnaire jusqu'à passer dans son camp en signant avec elle un traité d'alliance. Bientòt enfin, Pavènement au pouvoir de Bonaparte, que Charles IV appelait son grand ami , resserra les liens qui unissent Madrid et Paris. Le roi d'Espagne sera ainsi amene à prendre en main les intérèts du Premier Consul, qui n'a aucun moyen d'agir sur le conclave.
Charles IV se zésoud dono à peser sur les électeurs du futur pape pour contxecarrer les menées de PAutriche en évincant le candidai de cellc-ci. Fante de pouvoir compter sur le seul cardinal espagnol dont il dispose, Lo-renzana, respectable pour sa vertu, mais très neuf dans le métier , écrit au chancelier Thugut le cardinal Herzan, mandataire de Vienne, il recourt aux bona offices de Mgr Despuig, rompa à toutes les fuiesses de la diplo-matie romaine. Par une lettre très secrète, Urquijo charge celui-ei de se rendre à Venise en missione très secrète , car pour éviter toute con-testation cjui pourrait naitre d'une élection illegale ou dictée par le capricc, le Roi N. S. veut avoir une persona e autorisée qui prèside, dans la mesure Au possible, un actc anssi important . Despuig traitera avec les cardinaux, influaut non seulement pour que Pélection se Tasse d'une manière sùre, pzompte et pacifique, mais encore pour qn'elle tombe sur un sujet sans préoccupations ni prétentions excessives; qu'il soit indiane pour cette cou-xonne et remplisse les justes pensées de Sa Majesté; que V. E. fasse en sorte orue Pélu ne soit pas du parti de PEmpereur ou de quelque souverain du Nord de l'Italie, ni dispose à favoriser les maximes peu conformes à la vraie religion et au pur esprit de la Sainte Eglise . A cet effet, Charles IV lais-sait toute latitude a son représentant et, comme on ne pouvait espérer dans les présentes circonstances la résolntion des cours pour les vetos , s'en remettait à sa prudence pour exécuter ce qui lui semblerait convcnable.