Rassegna storica del Risorgimento
1799-1800 ; VENEZIA ; CONCLAVI ; SPAGNA
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1957
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746
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746 Jean Leflon
suffrages accordés au candidai: autriehien Mattei. Tool se complique du silcnce officiel de Vienne, qui n'envoie pas à son représentant les instruc-tions demandées. Mais personne n'ignore que, nialgré la dature strictenient iniposée, Herzan correspond avec Thugut par des voies secrètes, au mépris de tous ses serments.
Pendant des semaines, deux fois par jour, les votes se succèdent, sans aucun résultat. Qn essaie vainement des candidatures intermédiaires, en si grand noinbre et avec tant d'insuccès que Maury pourra bientòt écrire: Notre champ de bataille est couvert, de morts et de blessés . Le conclave se trouve bloqué.
Despuig ne reste pas inactif, mais il évite de s'engager a fond avant son heure, compte sur cette guerre d'usure pour mieux aboutir et continue de négocier avec Herzan qu'il essaie de réduire par sa diplomatile avant de recourir anx grande moyens. Par une dépéche de ce dernier à Thugut, en date du 28 décembre 1799, nous savons qu'il le fit appeler au tour sous preteste de lui faire un acte d'ossequio, mais en réalité pour lui décou-vrir ses vues . Àprès les compliments d'usage, le patriarche d'Antioche demande en effet au cardinal commcnt va la candidature de Mattei et celle de Valenti pour qui l'Espagne ne trouve aucune dimculté; il ajoute ensuite confidentiellement que si Herzan se rallie à Bellisomi, l'Espagne n'y mettra aucun obstacle; il se preoccupo enfin de savoir quelles peuvent etre les chances de l'évéque de Cesène. Le cardinal lui ayant répondu que Belli* somi avait toujours beaucoup de voix, mais que Mattei en recueiUait assez pour empècher son élection, que, par conséquent, on pourrait bien, à la longue, en venir à un autre candidat, que, dans ce cas, il faudrait tout faire pour que Valenti fut élu , Despuig parut tomber d'accord et Herzan se convainquft que le patriarche d'Antioche soutiendrait avec lui la cause de ce papabile. En réalité, Despuig ne soutint Valenti que mollement, pour la forme; un mois plus tard, le cardinal s'apercut qu'il s'était laissé jouer et dénoncait à Thugut le coup du patriarche d'Antioche, qui venait d'or-donner à Lorenzana, à Vincenti, de jeter Mattei à la mer et de réclamer la liberté du conclave.
Thugut, à cette date, savait à quoi s'en tcnir, car l'ambassadeur d'Es-pagne à Vienne, alerte par Despuig, était venu protester auprès de lui coniare les menaces auxqueUes rccourait Herzan pour obtenfr l'élection de Mattei, ajoutant qu'il se voyait obligé de déclarer que de tels moyens devaient ètre regardés comme des atteintes à la Hberté de l'élection et que sa cour serait forcée de ne pas reconnaìtre une élection arrachée dans ces conditions .
Quelques semaines plus tard, un courrier extraordinaire de Madrid ap-portait au cardinal Lorenzana l'ordre de s'opposer à l'élection de Mattei par une exelusive.
Restart à formuler cette exclusive. Le cardinal Lorenzana, auquel il appartenait de le faire, s'en déchargea sur Herzan rais par lui dans le secret et amene à trahir celui-ci candidement , écrit Maury, par un artifice obligeant . Promptement dfvulguée avec tout l'accent de l'intérèt qui inspire le sujet , la confidence arrachée à sa maladresse produisit une vive émotion. Ainsi joné selon les règles, le mandataire de Vienne était devenu le porte-parole d'une puissance rivale et Maury pouvait concluse: Voici