Rassegna storica del Risorgimento
1799-1800 ; VENEZIA ; CONCLAVI ; SPAGNA
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1957
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748 Jean Leflon
Nous gavone que, dès Ics Novendiali, il regardait Pévéque d'Imola comme le plus designò pour la tiare . Nous savons que cette candidature répon-dait aux conditions posées pax le roi d'Espagne et satisferait Bonaparte, qui avait vu le cardinal à l'oeuvre durant la campagne d'Italie.
Le silence de Consalvi sur le rdle qu'aurait joué Despuig en aiguillant le choix de Dugnani, s'explique d'autaut mieux que le Secrétaire d'Etat de Pie VII ne mentionne nullement l'intervcntion du patriarche dans la phase finale et decisive de l'élection, où il revendique pour lui tout Phon-neur du succès. Or, par le Diario du prélat, nous possédons la ccrtitude que ce dernier s'unit avec le secrétaire du conclave et qu'ensenible ila parviu-rent à mettre à flot le personnage qui, dès le début, s'était signalé comme le meilleur pour succèder à St Pierre . Ce n'est d'aillcurs pas la seulc omis-sion qui se relève dans les Mémoires rédigés par Consalvi pendant son exil de Reiins à Paide de ses seuls souvenirs. On pourrait cn citer beaucoup d'auttes, sans compter les erreurs positives que son témoignage concourut à accréditer.
Le pian de Dugnani réussit à merveillc, car Antonelli, auquel on fit croirc qu'il avait eu la première idée de promouvoir Chiaramonti, mit toute sa fougue à rallier sa faction, y compris Herzan, qui, faute de mieux, se rési-gna à voler au secours de la victoire, afin d'en assurcr les pronte à sa cour. Les politicanti se gagnèrent sans auciuie peine. En vingt quatte heures, Pélection de Chiaramonti fut assurée et, le 14 mars, Pévéque d'Imola recueil-lait tontes les voix, sauf la sienne que, par délicatesse, il accorda au Doyen Albani.
Le perspicace Cacault avait donc prophétisé juste en 1797, lorsque, prévoyant les intrigues du prochain conclave et son exceptionnellc duréc, il annoncait en dernière heure une iutervention divine: Le Saint-Esprit, écrivait-il, opererà de guerre lasse . De fait, le Saint-Esprit, tardivenient, rapidement, avait opere et bien opere. A quel point Pie Vii était Phomme de Dieu et l'nomme tout court, voulu par la situation, les évèneinents bientót se chargeraient de le montrer. Mais le Saint-Esprit avait opere par dcs intermédiaires humains. Aussi devait-on, en toute vérité et justice, dégager le rdle essentiel joué en l'occurrence par Despuig. Faut-il ajouter qu'en servant son roi et Bonaparte, celui-ci avait bien. servi PEglise elle méme? H ne mit pas seulement à flot , selon sa propre expression, un pape aussi éminent que saint; il contiibua pour sa part à dégager le Saint Siègede Pemprise autriehienne et joséphiste, en assurant la liberté du spirituel.
JEAN LEFLON