Rassegna storica del Risorgimento
1849-1850 ; NIEL ADOLPHE
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1961
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471
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Lettres inédiles du general Niùl à sa famille 471
qu'avec le haut clergé, qui réve ce que tous Ics gens raisonnables et désintcressés dans la questioni reconuaissent impossible.
2 Juin voilà dans quelle situation eompliquée ont eu à agir d'une part le Gl Oudinot, liomme sans caractère sans réaolution, passant cu quelques heures de l'action la plus imprudente à la circonspection la plus exagérée, et le ministre de France M. de Lesseps qui voulaut à tout prix conciare à lui tout seni, en a tenté tous les znoyens et après avoir dénoncé Mazzini cornine un traltre à l'assemblée nationale de Rome, espérant de le renverser, a fini par s'entendre avec lui pour signer une sorte de traité qui avait pour nous toutes Ics apparences d'une honteuse capitulation, comme si l'échec du 30 avril eut été une bataille perdue par ce traité la France, sans aucun dédommagemeut pour elle, s'engageait à défendre l'intégrité du territoire de la République Romaine (pax conséquent reconnue) contro tonte attaqne de Pétranger, son armée libre de cireuler dans ce. but ne pourrait pas entrer dans Rome et si le gouvernement Francais uè ratifiait pas ce traité, les bostilités ne pourraient etre reprises que 18 jours après que le refus aurait été sìgnifié à Rome. C*est-à-dire quand Parmée serait détruite par les fièvres qui, après les récoltes, ravagent la campagne de Rome. C'est le 31 au soir que M. de Lesseps a apporté ce traité au general Oudi-not demandant sa signature. Le general entouré de ses offieiers généraux a refusé là dessus vive discussion arrivant de part et d'autre à la menace rup-ture complète. M. de Lesseps revient à Rome où il est fété et cnvoie son secrétaire à Paris. Le G' Oudinot de son coté y envoie le G1 de division Régnault de StJean d'Angély. L'armée reste toujours dans une deplorante inaction mais quel coup de théatxe: a dix heures du niatin le ltt juin arrive un dragon par la route de CivitaVecchia son cheval est épuisé de iatigue, une dépèche presséc est remise au general Oudinot. C'est le ministre de la guerre et cclui des affaires étrangères qui écrivent par le télégraphe, à la date du 25 juin, que la voie des négociations est épuisée, que les hostilités doivent ètre reprises, que M. de Lesseps qui les a arrétées est rappelé. Voilà donc le general Oudinot libre désor-mais. M. de Lesseps prévenu est parti pour la France passant devant le quartier general sans y descendre et je crois que l'ardeur des défenseurs de Rome s'est déjà bien apaisée L'artillerie et le genie sont préts à commencer le siège demain à 4 H. du matin nous nous rapprocherons de Fenceinte nous en sommes aujonrd'hui à 1800 mètres ce matin, gràce aux blés et aux vignes, je m'en suis approché jusqu'à demi portée de fusil vera le point d'attaque nos opera-tions seront des plus faciles. je pense qu'elles commenceront dans la nuit du 3 au 4 je n'aurai guère le temps de t'écrire que quelques lignes et dès aujour-d'hui j'ai bcaucoup à faire.
La campagne de Rome est magninque. C'est une admirable végétation. Les ceps de vigne ont plus de deux pieds de long les blés sont préts à couper; point de jachère. Les villes sont jolies. Mais que c'est loia de l'élégance et du goùt qui règnent en France et surtout aux environs de Paris I Nous avons jeté un pont sur le Tibre et pris possession de San Paolo - cette basilique autrefois brulée et reconstruitc avec une grande riehesse. C'est un bel écbantillon de Rome qui, j'espère, ne sera pas pour nous la terre promise - je t'éoris d'une petite maison de paysan demain j'oceuperai, plus près de la place, une belle villa, un palaia de Cardinal.
Sur les troia caevaux que j'ai achetés à Marseille deux sont très bons - je ne saift encore que faire des deux qui sont à Arras... jej