Rassegna storica del Risorgimento
1849-1850 ; NIEL ADOLPHE
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1961
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475
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Lettres inédites du general Niel à sa fondile 475
une lettre de toi Je me porte très bien quoiqu'un peu fatigué il m'est arrivé un accident qui aurait pu étre grave, un de mes chevaux que je regardais comme excellent s'est abbatti au galop et m'a tellement comprìme le pied droit qu'il est fortement enflé. Cependant hìer un bàtoli à la mairi je suis reste sur pied pendant sept beures et j'ai monte deux brèches à la suite aujourd'hui je souffre plus qu'hier, j'aurais besoin de repos et je n'en puis pas prendre.
Le pére VaurJ) qui interrompt ma lettre me dit que hier soir il y a eu grande terreur dans Rome au moment de l'assaut plusieurs exaltés ont été poignardés dans les rues - je crois que notre présence au dessus de la tète de ces braves gens va produire un grand effet. 2) Yéritable épée de Damoclès.
Le general Vaillant et Moi différions d'avis sur l'assaut; je le voulais de jour et general, convaincu qu'à notre vue Pennemi aurait abandonné ses défen-ses et que nous aurions enlevé la ville il Pa voulu de nuit et se bornant à l'oeeupatìon des bastiona. Son systèrne était plus sage mais il est clair pour Moi que l'assaut general eut réussi je m'empresse de reconnaitre d'ailleurs que s'il eut échoué c'était compromettre tonte notre position.
Adieu, Mon Cber Gustave, je t'embrasse bien tendrement et te ebarge de mes compliments bien affectueux pour Louise, Cécile et Charles.
Tout à toi A. Niel
9. San Carlo devant Rome le 1" juiUet 1849.
Mon cber Gustave je crois que certe lettre sera la dernière que je t'écrirai devant Rome; tout nous annonce qu'avant peu nous y entrerons en vainqueurs.3) Hier à deux heures du matin nous avons donne l'assaut à un troisième bastion qui était pour Pennemi une espèce de forteresse de son terre plein on plonge dans les rueB de la ville et on domine la campagne et par conséquent nos travaux de siège ce bastion arme d'une nombreuse artillerie nous a fait beaucoup de mal d'un des points que nous occupions, nous avons ouvert une brèche dans son nane gauche; Pennemi avait établi quatre pièces pour cribler à mitraflle le sommet de la brèche et il s'était retranché dans tonte la partie opposée à celle que nous allions aborder. L'assaut de ce bastion était donc une grave affaire. Mais heureusement, qu'en méme temps que nous Pabordions par dehors, nous pouvìona en passant devant des retranchements de Pennemi, le prendre par la gorge au moyen des brèches déjà faites et des deux bastions occupés - j'avais été chargé de preparo* les moyens d'attaque qui nous ont parfaitement réussi au signal donne par troia coups de canon, à deux heures du matin, une colonne de 300 hommes d'elite et de sapeurs, s'élangant de nos bastions déjà occupés est venne aborder à la bayonnette les défenseurs du bastion attaqué on en a tue beaucoup sur place et selon mes recommandations on a couru sur la batterie qu'on a enlevée lorsqn'ellc n'avait pas encore tire, ne sachant distin-gner ou était Pennemi au milieu de ce tumulte. La colonne d'assaut débouchant péniblement par la brèche a trouvé Pennemi à moitié vaincu - tout ce qui était
1) Cf. Lettre 4.
2) Lgg Francais occupent les colUnes qtd donùnent Rome. ) Le 3 jufflet.