Rassegna storica del Risorgimento
1849-1850 ; NIEL ADOLPHE
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1961
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Lettres inédites du general Niel à sa famille 481
ment ci elle craint telleinent de faire des fautes que moi qui vais par tona Ics cheniins j'arrivo plus vite qu'elle à me faire servir: dans quinze jours elle repren-dra totis ses avantages (...).
Les affaires avec le pape vont toujours aussi mal: on se domande où est la solution ? Le préfet de police me disait hier qu'il allait se faire ime revolution religieuse qu'une grande qnantité de sujets du pape voulaient se déclarer protestante. J'ai lu dans les journaux urie lettre du pere Ventura qui m'a pam rouler sur la niènte idée je crois platdt sous ce xapport aux projets quTà leur réalisation. Mais si on changeait de religion par dépit, par le sentiment que fàit éprouver la mauvaise conduite du clergé, il pourrait bien y avoir de notre temps quelque chose d'analogue à ce qui se passait sous Leon X *1 espérons qu'il arriverà à beaucoup d'entre nous ce que je voyais raconté dans les essais de Montaigne au su jet d'un juif venu à Rome. Il fut tellement frappé de la corrup-tion des prètres qu'il se dit: Voilà la vraie Religion puisqu'cllc resiste à de si mauvais ministres, et il se fìt chrétien catholique Romain plutòt. L'apparte-ment que j'occupe a une petite bibliothèque qui m'est très agréable j'y ai trouvé Montaigne Comment le pape entouré de prètres pourrait-il enlever aux prètres les emplois, les honnenrs, les traitements, l'influence qu'ils regardent ici comme étant leur propriété ? une revolution pouvait peut-etre le faire, une restauration ne le peut pas. Quand tu recevras cette lettre ces questions auront été discutées aux chambres. Clémence veut que je te disc combien elle a été touchée de tous les témoignages d'affection qu'elle a recus de toi; elle se réunit à moi pour vous embrasser tous adieu adieu.
A. Niel
15.
Rome 24 octobre 1849.
Je recois à Finstant, mon cher Gustave, ta lettre du 13 courant et je m'empiesse d'y répondre. J'étais bien persuade que tu partageais mes inquiétudes sur les voyage de Clémence. C'est un grand bonheur pour moi de posseder ici femme et enfants 2) et de voir qu'ils s'y portent à merveille; dans ce moment ci le climat a tout pour lui, il est sain et délicieux. Il ne fait ni chaud ni iì-oid. II régne tous les jours dans l'air ce calme des plus beaux jours d'automne je tàcbe de terminer mes affaires de service dans la première moitié de la journée, et vers deux neures, nous allons avec Clémence visitor les Monumento qui sont en grand nombre - il faudrait un mois peut-etre pour bien voir St-Pierre à lui tout seni on regrette méme que ces monumenta se nuisent par leur grand nombre. que d'églises dcscrtes et peu visitées qui seraient ailleurs si utUes et si aamirées ! Les palais soni: magnniques pour te donner une idée de la prodi-galité avec laquelle on les eurìcnit je te dirai que le prince Torlonia (le Rochild s) de Rome) en a un si beau, place de Yenise, que pour ne pas le ternir il en a un autre au Yatìcan où il donne des fétes. H a une très belle Villa dans I'cnceinte de Rome, et une autre à un quart de licue plus loin sur la méme route, où Pon
1) Leon X dot exeommunier Luther et le general Niel fait allusion ici à l'origine du protestantismo.
2) Les deux enfants du general, Léopold, figo de 3 ans et Amelie. ?) Lire RothschUd .