Rassegna storica del Risorgimento
1849-1850 ; NIEL ADOLPHE
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FratiQoise Niel
nature à effrayer beaucoup le pape. Je euis persuade qu'ils se seront entendus. *) lei on est dans une grande impatience de voir le StPére de retour. Home est à peu près, on plutót sur une plus grande échelle, ce que sont Bagnères, Caute-rets, Baden tous Ics lieux ou se réunisscnt Ics étrangers à une certaine epoque de l'année. 11 n'y a ni commerce ni industrie. L'entourage du pape pendant toute l'année et dix mille étrangers pendant l'hiver voilà la souxce ou puise la presque totalité de la population. Le pays d'une grande fertiUté est tout à fait inculte tout est en paturages sauf un petit cercle, une bande de demi lieue de largo autour des murs de Rome, on ne voit plus, dans Ies campagnes, que des barrières séparant les tenuta, les contenaaces princières, dans lesquellcs errent des trou-peaux de bceufs ou de buffles. H faut demander aux partisans de la colonie Algerie une 2) pourquoi on ne cultive pas la campagne de Rome on peut le demander aussi aux socialistes. On répondra: mais la fièvre tue ceux qui défri-ebent, et il leur faudrait beaucoup d'argent; il vaut mieux prendre des terree toutes cultivée8 absolument comme, quand on veut aller en voiturc, il est très commode de monter dans celle qui passe sur une route et d'en faire descendre celui qui s'y trouve. Mais cotte voiture représente de grands efforts de travail et d'intelligence il a fallu bien des ouvriers pour la construire. Qu'on eberche en Afrique ou il y a cependant du minerai de fer, 3) à construire une volture dont Ies roues aient seulemcnt des bandes de fer ? revenant aux babitans de Rome je te dirai qu'ils sont dans la stupéfaction en ne voyant pas arriver les étrangers, qui, comme les oiseaux de passage, veulent un hi ver et un pays tranquille La grande industrie ici, c'est la location des appartements. L'intendant en occupait un fort joli, dans le palais d'un des princes Borghése on cherchera lui disaisje à vous en faire sortir je ne le crains pas me réponditil cet appar-tement se Ione aux anglais 1200 f. C'est mon indemnité de logement je la prcn-drai en argent et me logerai à mes frais. Mais quand on en est venu aux expli-cations, il s'est trouvé que le prix était de 1200 par mois. Le general de brigade qui commande la place a eu le méme mécompte son appartement est de 1400 fran.es par Mois, il appartient au prince Piombino. Quant à Moi J'occupais le palais Doria. Le prince est arrivò et s'est logé à l'auberge, cornine il dit alors grand émoi à Rome. La Municipalité voulait qu'il partageat avec Moi. Je rc-connais que c'était dimoile. Il s'y eBt refusò - pour le tirer d'embarras le due Torlonia, frèrc du prince Torlonia le rochild de l'Italie, m'a offert un beau logement dans son palaie j'y suis depuis quatre jours. La France fait l'economie des indemnités de logement - les officiers généraux et les colonels sont Iogés en nature, les autres reeoivent l'indemnité de Paris et ont bien de la peine à se loger cela leur serait meme impossible si les étrangers arrivaient (...) au reste ici, je ne dépense pas ma solde. Les enfants vont à mervetQe ainsi
x) Baragucy d'Hilliers, cf. lettre 16 note 2. La rue de Portiera était le Heu de rénnion des monarchistes,
2) Le general Niel ae aouvient san doute ici des theories appliquécs par Bugeaud en Algerie. Jl semole se montrer ici parttsan de l'occupation totale pas opposition à roccupatiou restreinte du début. Sur le pian de l'economie da nioins. D'autre part, le general semole faire allusion à un mouvemeut d'cnclosuxcs lorsgu'il parie de bar-xlèrps séparant Ics tenuta .
) Le general pensc sana doute aux gìaemcnts de la region de Constantine.