Rassegna storica del Risorgimento
1848 ; FRANCIA ; SARDEGNA (REGNO DI)
anno
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1962
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485
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COMMENT LA FRANGE ARMA LE PIÉMONT EN 184
U n'est pcrsonne aujourd'hui pour juger sans ùnportancc, qu'il s'agisse de guerre froide ou de lutte ouverte, Fannonce, répandue pax la presse, que des armes, des munitions, des bateaux de guerre ont été fournis par tei Etat à tei gouvernement ou à telle organisation rebelle. Au milieu du XIX6 siècle, la presse donnait moins de détails sur de tels faits, mais ils n'en existaient pas moins.
Pendant longtemps, les historiens du Hisorgimento Italien ne se sont pas demandé comment purent s'armcr les snidata des guerres d'indépendance. Les beaux livres, publiés en 1948 et 1959 par le Service Historiqrie de FEtat Major de FArmée Italienne sur les combats Uvrés un siècle plus tdt, ont gardé là dessus un étonnant silence. Et cependant les documents existent, conservés pour la plupart dans des archives italiennes. Nous avons ainsi exposé au Congrès National d'Histoire du Risorgimento à Rome en 1949 ce que furent les fournitures d'armes faites par la Seconde République en 1848 aux Milanais, aux Yénitiens et aux Siciliens.1) On pouvait croire que le Royaume de Sardaigne, dont Forga-nisation militaire était éprouvée et qui possédait des arsenaux, n'eut pas à faire alors appel à Faide étrangère. On pouvait penser que Cavour ne se trompait pas lorsqu'il amrmait en 1858 à la Chambre des Députés de Tuxin que, dix ans plus tòt, le Piémont s'était va refuser des armes par les gouvernants francais de la Seconde République. 2) Or il y a, à FArcMvio di Stato de Turìn, des documents inédits qui prouvent le contraire. Cavour s'est trompé.
Le 14 jnin 1848, le ministère sarde prèside par Cesare Balbo obtint du Par-lement le vote d'un crédit de quatre millions pour acheter cent mille fusils. Les fournisseurs possibles étaient la Grande Bretagne, la Belgiqne et la France. Adrien de Revel, ambassadeur de Charles Albert à Londres, n'a pas parie, dans les dépéches publiées par F. Curato, de négociations pour Fachat de ces armes; on sait d'ailleurs par les délégués de Yenise Nani et Zanardiai que le Cabinet Britannique refusait de s'intércsser aux tractations de ce genrc et dirigeait Ics acheteurs possibles vers les marchands d'armes anglais. Quant au Gouvernement Belge, il refusa tonte vente, comme Fécrivit de Paris, le 4 juillet 1848, le comte de Montalto 3> à Pareto, ministre des Affaires Etrangères à Turìn:
1) Dans la Rassegna storica del Risorgimento, 1950, pp. 95-102.
2) J. BASTIE, rt R6publia.tt0f(mqaiso et l'Italie (Bruxelles, 1858) a cifcé, page 6. les propos temi par Cavour le 16 avril 1858: An gouvernement étaient les champions de la Revolution: Lcdru-Rollin, Bastide, etc. Eh bien, ils refusòront Ics subsidoa d*hommes, d'argent et d'armes*
s) Cetre lettre est eonaervée à l'Archivio di Stato do Timn dans le dossier Lottare dei Ministri in Francia (1848), n 277. Toutes les dépéches de Brignole citées dans cetre étude se trouvent dona lo memo dossier*