Rassegna storica del Risorgimento

DUE SICILIE (REGNO DELLE) ; TERRA DI LAVORO ; CASERTA ; MOSTRE
anno <1962>   pagina <549>
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Vita dell'Isti tato
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querelle historiographique, qui est loio d'ètre tcrminée actuellenient. Selon Gramsci, une revolution agraire accomplic ver le milieu du XIX" siede eùt sauvé l'Italie de toutes les d imeni tés dont elle soufire ci icore. En démantelant la structure encore feudale de la propriété terrienne dans la moitié sud de la Péniusulc, elle eùt permis une moder-nisation du pavé. Elle eùt aussi créé, en améliorant le sort des paysans, un marche suscep-tible d'nbsorbcr les produits manufacturés de l'industrie urbaine et contribué par là à un essor plus vaste de cette industrie naissante. Mais les bourgeois qui ont fait le Risorgimento ont canalisé au profit de cette opération purement politique les forces rcvolntionnaircs qui existaient alors en Italie. On ne peut nicr, en effet. quc des inou-vcments de révolte se sont produits alors dans l'Italie meridionale, que mème le parti garibaldien s'efforca d'étouffer.
La plus brillante des réfutations que l'on a entreprise de eette these est assurément celle, fort recente, de Rosario Romeo dans son ouvrage Risorgimento e capitalismo. Romeo i'ait observer que si l'Italie n'a pas connu de revolution agraire cornine en ont connu les pays de l'Europe occidentale et certains pays de l'Est (Hongric), cela ne l'a pas empèché de eonnaitre un très brillant essor, qui est méme aujourd'hui l'un des plus vastcs qui aient été enregistxés dans le monde entier. D'ailleurs les pays qui connurcnt cette revo­lution agraire étaient dans une situation économique qui leur permettali de faire cette expéricnce. Les grosses Ibrtunes y existaient depuis longtemps chez les bourgeois des villcs et le capital primitif s'y trouvait déjà existant. Il n'était point besoin de l'accumuler au moment de cette revolution. Au contraire, pour l'Italie, cette absence de revolution agraire fut la condition nécessaire de l'essor industricl. Car ce n'est qu'au prix des fortes restrictions imposées à la population paysanne que l'accumulation primitive du capital, élément indispensable a la création de l'infrastructurc industrielle du pays, puis à son industrialisation proprement dite, a été possible.
En effet, alors que le rcndement des terres augmenta constamment de 1830 à 1880, le salaire des travailleurs agricoles ne s'accrut pas et les conditions de vie des paysans marquèrent une nette détérioration. Le bénéfice croissant des exploitations agricoles passa donc à l'épargne, et dès l'unite italienne, en 1861, ces bénéfìces accrus furcnt presqne entièrement absorbés par les impóts. La fiscalité du jeuue Etat italìen était l'une des plus lourdes d'Europe. Dans l'Italie plongéc pendant des aiècles dans une sorte de léthargie, tout était à créer: routes, ponte, chemins de fer, adductions d'eau, ports. Cette infrastructure industriellc se créa à l'aide des revenus excédentaires de l'agricolture. La vaie était dès lors frayéc à l'essor industricl proprement dit, qui date des annécs 1880.
M. Busino remarque que toute la démonstration de Rosario Romeo repose sur la uotion d'accumulation du capital prùnìtif, héritéc de Marx. Or cette notion est main-tenant battue en brèche par plusicurs économistes modernes, dont Gerschenkron, et ne serable pas se vérificr dans les pays asiatiques et autres qui vivant aujourd'hui leur phase d'industrialisation. L'apport des capitaux et ranger et l'autofinancement dea industries, pctitcs à l'origine puis grandissant rapidement, sont des éléments dont il fa ut tenir compte. Si bien que l'on préferc parler à prcsent d'une phase de décollagc , plntflt que d'accumulation du capital primitif. En Italie, precisemene il y cut un dévcloppcracnt autonome des industries du Nord et il y cut de forts apports étrangers de capitaux, auxquels Romeo a cu tort de ne pas s'intéresser suffisament,
D'autre part, Gerschenkron critique les statistiques de Romeo et l'usage qu'il en fait. L'angmcntation des revenus agricoles se révèle beaucoup trop faible pour expli-quer la naissance d'un capital pté-industrlel hnportant. On admot que pour quc se produise une accumulation de capital primitif, U faut que 7 au moins du revenu national soit consacré à l'épargne. Or, dans les années Ott l'épargne atteignit son aecrois-sement maximum dans l'Italie du Risorgimento, il n'y cut jamais quo le 5 du revenu national qui y fut consacré, et le plus souvent 1 ou 2 seulcmcnt. De plus, l'Italie a conno sa phase de décollagc entro 1880 et 1890, années de depressimi agraire et de faible épargne. L'industrialisation de l'Italie ne sauruil s'expliquer san de fortes intcrventions de capitaux étrangers et snus de forts autofinancements.