Rassegna storica del Risorgimento
1864 ; CHIESA ; STATO PONTIFICIO
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1963
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12
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12 G. Jacquemyns
et 300 millions de francs-or, soit 4 à 12 milliards de franca belges valeur 1963).l)
Au moment de Temprante Langrand venait de démontrer à Rome qu'il voulait étre le promoteur d'une puissanee financière catholique uni-verselle à opposer à la haute banque juive et protestante. a) Ses institu-tions ayant obtenu, par un bref de Pie IX en date du 21 avril 1864, la bénédiction apostolique, Langrand veut témoigner sa reconnaissance en se chargeant gratuitement du ròle d'intermédiaire pour l'émission au pair de la totalité de l'emprunt. *ì
En 1864, vouloir piacer au pair les obligations d'un emprunt pontificai à 5 p. e. d'intérét était une gageure. Tout le monde connaìt plus ou moins Petat désastreux du trésor pontificai; les titres de l'emprunt de 1860 se traitent à environ 72 p. e; dans divers pays des membres du clergé et des fidèles entrevoient la fin du pouvoir temporel du pape; les titres des emprunts de divers Ètats se négocient à 60 ou à 75 p. e; le marche est encombré de valeurs promettant des primes et des dividendes élevés; l'argent commence à se raréfier.
Dans ces conditions il faut faire appel aux seniimenls des catholiques bien plus qu'aux intérèts des épargnants et des capitalistes. Langrand le sait, aussi écrit-il:
J'ai cru que VEmprunt de Notre très SaintPére le Pape qui puisait sa raison à"ètre dans les circonstances tonte particulières, ne devait pas etre rangé pormi cette classe d'Emprunts où Vagiotage et la spéculation occupent une large place.
Il devait au contraire Stre une occasion solennelle pour tous les catholiques d'affirmer hautement et uvee éclat leur attachement au SaintSiège, leur inoincible foi en son avenir et leur vénération pour VUlustre Pontife qui occupe la chaire de Saint-Pierre. **
Une considération essentielle à dù porter Langrand à croire au succès de l'opération. Pie IX semblait jouir de la fidélité indéfectible des croyants dont l'attachement et la dévotion étaient faits de vénération et frisaient parfois l'adulation, sinon l'idolatrie. Notre fìnancier et son entourage ont probablement généralisé des sentiments qu'ils avaient pu observer k maintes reprises dans leur milieu et dans certaines classes populaires.
Toujours estil que LangrandDumonceau, le Napoléon de la Fi-nance, veut voler au sccours d'un pontife dont oh dira: Lorsque le pape
*1 JACQUEMYNS 6., op. eit.t voi. I et II.
2) IDEM, tip, eitrì voi. Ili, chitp. Vili, Promotion d'une puissance unoncière ca-tholique.
3) IDEM, op. ci/., voi. Ili, chap. IX, Emprunt pontifìcii].
*j AGR-FL. Ani. 138 PP, Minute d'une lettre de Langrand h Ferrari.