Rassegna storica del Risorgimento
1860-1861 ; STATO PONTIFICIO
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Sur la Cow da Rome en 1860-61 193
est de ne rien céder, de ne ricn risquer, de beaucoup conipter sur le temps, sur l'étranger, sur l'impossibilitò qu'une revolution réussissc longtemps. Vinsi il est d'avis de ne se point brouiller avec la Franco et de tirer de rEmpereur, sans s*y fiér, tout ce qu'on en peut tirer. L'année où j'arrivai à Home, il y avait eu un moment où rEmpereur de Russie, à la suite de l'annexion de Naples, avait en rappelant son ministre de Turin, pris dans une dépècbe en i'bonnenr des principes monarcbiques, le ton de l'Empereur Nicolas. Par suite une entrevue entre lui, rEmpereur d'Autricbe, le roi de Prusse devait avoir Iieu à Varsovie. On préten-dait y régler les affaircs d'Italie sans le coneours de l'Angleterre, et Ics catboliques, les conservateurs, les absolutistcs de toute l'Europe avaient beaucoup attendu de cette confércnce. Antonclli et le pape avaient aus-sitòt révé une coalition de Pilnitz. Mais il suffit de savoir que la France ne se départait pas du principe de non-iutervention pour que la confércnce avortàt. Au fond, des trois puissances il y en avait deux, ce que nous ne savions pas bien alors, décidées à se tenir trancruilles: l'Autriche, abattue, dégoùtée de la guerre, la Prusse, secrètement charmée de la voir humiliée, dépouillée. Cet incident est un de ceux qui auraient du nous donner la mesure du profond ebangement qui s'était opere en Europe. Frustrés dans leur espoir de ce coté, le pape et surtout Antonclli inirent leurs recours dans les fautes de la revolution italienne. Hs comptaient sur des électious républicaincs dans toute la péninsule et sur l'établis-sement d'un regime révolutionnaire qui forcerait d'intervenir jusqu'à la France imperiale. Enfìn, il circulait dans quclques esprits un vague espoir. Cavour pouvait mourir. Il avait eu, avant son arrivée en Italie, une indisposition subite et courte, une sorte d'évanouissemenl dont les uns faisaient une fausse attaque d'apoplexie, les autres une indigestion (et probablement les premiere étaient le plus près du vrai). Je me sou-viens que le 4 janvier, le bruit s'était répandu dans Rome qn'il était mori. Il s'était probablement encore tre uve mal. Nous visiti ons ce jour-là le collège des Jésuites, et il était curieux de voir les bons pères aborder Corcelle avec un air d'émotion contenue et presane de componction pour lui demander à demi-voix: Est-il vrai ?... .
Sans ótre tout à fait exempt des préjngés d'Antonelli, surtout con-tre la revolution italienne, plus hostilc peut-ètre que lui au patriotisme unitaire parce qu'il est étranger, Mérode s'abstenait en qualité d "ancien patrio te belge de me t tre son espoir dans les coalition s et J'absolu lisine. Il n'était nullement ami de la maison de Bourbon, trouvait la revolution de Naples assez n.attirelle, et ne s'interessai t aucunement aux assiégés de Gaete. C'était un conservateur orléaniste, s'inqniétant peu de savoir si son orléaniame était compatible avec son papisme ultramontain. Ce