Rassegna storica del Risorgimento
1860-1861 ; STATO PONTIFICIO
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Sur la Cour de Rame en 1860-61
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Sa politique à lui, c'était cpie la papauté devait agir par eile-mème, n'invoquer aucun appui, ne compter sur personne, user également de son pouvoir temporel et de son pouvoìr spirituel, avoir des troupes pour se défcndre, et frapper en méme femps avec le glaìve de la parole. Pour une cause sacrée, pour une puissance éterneUe, les dangers n'étaient rien. Qn'importe que la papauté fut vaincue? N'était-ce pas le rdle de la religion que de subì? la violence et Finiauité? Les revers ne devaient ils pas assurer son triomphe ? La pcrsécution n'était-elle pas sa gioire ? Cette politique de cassecou et d'apótre était soutenue d*un ton solda-tesque et son exaltation noblement téméraire s'exprimait dans un lan-gage qui rappelait les farces du théàtre du Palais-Royal. Mérode était un lustig de régiment et un missionnairc des croisades. Sa vie d'ana-cliorète, sa figure hétéroclite, sa tenue négligée, ses formes bouflbnnes, ibrmaient l'ensemble le plus originai.
IDans ses notes politiques de Rome, Rem usai a trace un plus long portrait de Mgr de Mérode dont volcì quelques traits]:
J"ai vn souvent chcz Corcelle, Xavier de Mérode ou più tòt Monsignor le Camérier du Pape, pro-ministre des armes. C'est un de nos eousins, et quoique je ne Peusse jamais vu, il m?a accueilli très familiè-rement et parie très librcment; ceoi n'était pas une grande preuve de confiance; car il parie à tort et à travers. C'est un grand garcon, maigre. laid. à figure longue, long nez, borgne ou loucbe, dcgingandé, gesticulant, malpropre, n'ayant ni morgue, ni gravite, ni mesure, riant de tout et aimant à faire rire, ìncapable de parler longtemps avec sagesse, autorité, bon sens; mais malgré tout cela très sérieux dans sa foi et méme dans ses passions. Son pére (le compte Felix de Mérode) est lourd et ennuyeux cornine un Belge, avait ime dévotion d'Espagnol, relevée par un gout sincère pour la liberto. Il avait pris à la lettre, par instinct ou par néces-sité, lors des querelles de la Belgique et de la Mollando, Un des para-doxes dn Globe qui soutenait l'indépendance de l'Eglisc au nom de la liberté de penser. Ses fils ont été élevés dans cette doetrinc aiguisée en armes de guerre par Montalembert et ses amis. Cela les a conduits comme d'ordinaire à édificr l'ultramontanisme, le romanismo pur, sur les ruines de tout gallicanismo; ils ont joint à ces croyanccs l'esprit moqueur et comique de leur grand-pére Grammontj et Xavier, après avoir été offi-eier belge, volontaire dans Pétat-major de Farmée d'Airique, s'est fait prétre à Home, prétre avee une foi sincère, quoique pcu réflécbie, avec un dévoucment systématicftxe, quoique dénué de science et d'étnde, à Fomnipotenee du Saint-Siège, prétre fervent, charitablc, cxalté sur quel-ques-uns de ses devoirs, mais ìncapable de se juger lui-raSmc, de se défier