Rassegna storica del Risorgimento
1860-1861 ; STATO PONTIFICIO
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Charles de Rémusat
de ses iantaisies et de ses préjugés, d'ccouter des objections ou des con-seils, bardi, extrémc, tapageur, farceur comme un aristocrate sans gène comme un moine sans besoiu, comme un soldat sans peur, espèce de zouave lustig et austère, cynique et pieux, indifférent à la vie, au succès, a la gioire, à tout, pourvu qu'il s'amuse et se compromette cn servant la cause de l'Eglise qn'il prcnd pour Dicu.
Je le voyais sans cesse chez mon beaufrère qui s'était établi avec sa femme et ses enfants dans un hotel Doria de la place Navone. Là nous faisions des diners de famille que Mérode égayait d'ordinaire en nous racontant les tour? qu'en sa qualité de ministre de la Guerre il avait faits le matin a Pétat-major francais. Il en resultali des difficultés adrni-nistratives ou mìlitaires qui avaient le doublé avantage d'ètre une occa-sion de ridicules pour le general Goyon et de difficultés pour Antonelli.
Malgré le sérieux de sa foi, malgré la solidité de ses vertus chrétien-nes, il y avait de l'enfantillage dans la condiate de Mérode, et si la loyauté et si la (lignite ne recommandaient pas la politique d'Antonelli, elle avait au moins l'avantage de ne rien compromettre. Je ne suis pas étonné qu'elle ait fini par l'emporter, qu'on ait trouvé Mérode trop remuant-trop faiseur et qu'en lui conservant toute sa bienveillance, le pape ait fini par le sacrifier quelque temps après au Cardinal Antonelli, en lui retirant toute participation directe à l'administration.
LA BOUTIQUE DTJ PAPE ET DU SECRETAIRE ÌTETAT
J'ai trouvé ici Arthur Russell; il m'a mis cn relation avec son frère Odo qui a un caractère diplomatique étant chargé des afl'aires d'Angle-terre. Celuici est aussi causant que les Russell sont d'ordinaire taciturne. Il a de Fobservation et de l'esprit et cette liberté d'allure et de jugement qui fait qu'on ne peut approcher les Anglais sans se sentir dans une société de supérieurs. Sa position lui permet de beaucoup savoir, et il peut parler plus librement que personne avec Antonelli et avec le pape lui-mcme. Car il a le droit de leur parler politique et de le faire sans toutes les circonloeutions de l'adulation catholique. Il dit que la cerar de Rome est à bout de voie, qu'au fond elle n'a pas de pian, pas une idée; Qn n'y espère que dans l'imprévu, et pour atteindre à un ave nir queleonque, on persiste dans une oisive résistance qui pourra ètte obstinée. Le pape en est là par goùt, par caractère, par conscience. C'est un homme agréable, doucement uioqueur, mais il manque de tact et dit constamment ce qu'il ne fa ut pas dire. Du reste, il ne sait rien hieu,
ÌS Extra ita des Notes polUlqaes sur Vitati?.,