Rassegna storica del Risorgimento
1860-1861 ; STATO PONTIFICIO
anno
<
1963
>
pagina
<
198
>
198
Charles de Rémusat
résolu de fa ire l'Italie protestante; il le croit uialheurcusemcnt fort religictix, et s'arrangerait beaueoup mieux avec Lord Palmerston qui est indiflerent. Toutes ces choscs-là, tlisait Odo Russell, je les ai entendues ainsi quo, d'é-quivalentes dans dix conversations. Cependant l'opinion va toujours s'alié-nant: Rome soulire; le bas elergé aussi; car son bien-étre dépend de celui des classes inférieures. Le mécontentement est general. La désapprobation à fait des progrès dans le Sacre Collège, la major ite des princes romaius est de lopposition. Mais ni les cardinaux, ni les princes n'osent rien dire .
LES CÉRÉMONIES DE Nofii. A LA. CUAPELLE SIXTINE ET À SAINT-PIERBE
J'ai vu le pape d'abord la veille de Noèl aux offices de la Gbapelle Sixtine qui est une salle peinte, magnniquement peinte, mais n'a rien d'une Eglise. Elle n'a nulle arcnitecture, elle ne peut s'éclairer. On y improvise pour la circonstancc des dispositions fort mesquines qui res-semblent à celles que font nos tapissiers dans un salon qu'ils appro-prient pour un bai. La céréinonie est très longue, assez curieuse dans le détail, presque tous Ics cardinaux ou prélats y prennent successive-ment part en faisant des évolutions et des révérences qui la font resseni-bler à une cérémonie chinoise. Le pape ne boute pas de son trone qui ressemble à une pagode. Rien ou presque rien ne rappelle nos offices religieux. En sortant de là, un catholique disait: je donnerais bien de l'argent pour entendre une messe .
Le pape a une figure un peu bouffie, mais qui n'a rien de désagréa-ble; il est gros, engoncé dans son costume, avec un air de gravite et de bonhomie, san-s beaueoup de dignité, mais convenable à tout prendre. H n'est point casse, sa voix est forte, et il a entonné ses motets très distinctement en nasillant un peu. Antonelli a une figure italienne, très brune, les cheveux très noirs, l'air assez jeune. Sa physionomie a de l'intelligence et de la décision. Elle n'a ni mechanceté, ni fausseté, ni bas-sesse, sana cependant avoir les caractères de la bonté, de la franchise et de l'élévation. Je n'ai pas trouve qae les cardinaux eussent à l'office cotte attitude distraite et mondante qu'on leur attribue.
La musique ne nous a pas paru bolle. Nous y avons entendu ces voix fameuses qu'on est embarrassé de definir. Car il n'est pas vrai, ornine je le croyais depuis longtemps qu'on alt renoncé au vii a in usage d'entretenir de ces sortes de chanteurs, quoique le pape scul en ait en Italie. C'est mon beau-frèrc qui me l'a dit, il en est bien fàché; il dit que le Saint-Pèrc en est fàché aussi, qu'il n'aime pas cette musique, qu'il aurait VOUIH la supprimer, inaia qu'il n'a pas pu, que c'est une conces-sion qu'ìl fait au goùt du public. Odo Russell, grand musieien, dit qu'il