Rassegna storica del Risorgimento
1860-1861 ; STATO PONTIFICIO
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1963
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Charles de Réni usai
on le dit, à cause de la reputatimi qu'a le pape d'ètre jettntore ? Le public sur son passagc para issai t moins respectueux que je ne m'y attendais. Parmi les troupes qui ctaient présentes, j'ai entendu bien peu de soldats qui parlasscnt italien. II est remarquablc conibien la cour de Rome temi à devenir cosmopolite. Ses défenscurs surtout, qui ne parlent pas la lan-gue du pays, la dénationalisent. Je ne serais pas étonné que parmi les prètres eux-mèmes, Pie IX ne parut plutòt le pape du clergé francais que de Féglise italienne. Il va s'isolant au milieu d'une nation qui se reforme et grandit autour de lui.
La cérémonie de la messe du pape a une grande reputatimi, et elle-la inerite. Les Italiens passent pour s'entendre supérieurement aux céré-monies. J"en conviens, si cependant on les regardc individuellement, on leur trouve peu de solennité; ils font tous la fonction assez simplement sans émotion et mème sans sérieux. C'est bien une cérémonie et rien q'une cérémonie. Ce peut-il ètre autre ehose ?
Je crois qu'un catkolicrue bien fervent et bien sincère trouverait à redire à Féticraette papale qui domine beaucoup toute la partie vraiment religieuse du rituel de la messe. Je me figiirais ma belle-mère assistali t à ce spectacle. Elle n'y aurait pas reconnu sa religion. Quant à la per-sonne mème du pape, j'espère qu'il n'y prend part lui aussi que comme élément nécessaire d'ime solennité publique. S'il y prenait son ròle plus au sérieux, il serait dimoile qu'il ne finit point par s'adorer luimème comme une idole dont il a vraiment la plaee et l'attitude. Tous les bom-mages extérieurs qu'on lui rend persuaderaient à un voyageur qui y assis-terait dans un pays nouveau qu'il se trouve ebez des idolàtres. Je con-cois qu'un protestant en rapporto la mème impression. Mais qu'elle doit ètre celle de eette créature bumaine promue par accident au ròle d'adoré après n'avoir été qu'adorateur ? Lui arrivetil, comme aux Bouddba, à qui, selon les relations, on finit par persuader qu'ils sont dieu à force de le leur dire, et un pape en vientil à se croire effectivement et littéralement le vicaire de Dieu ? Je veux en douter, et je me figure qu'au moins dans ces jouroées àn fiocchi, Use voit tout simplement investi d'un ministère officici, à peu près comme le roi Louis-Philippe prenait les occasiona où il montait sur son tròne. Cependant la faiblessc bum ai uè, l'orgueil humain, la foi mème, et ces supere titkms dogmatiques que notre temps et les circonstances actaelles ont remises à la mode, tout cela ne petitil pas, ne doitil pas monter à la téle d'une créature l'ori ordinaire, à qui toute l'Europe aristo-cratique et clericale répètc des billevesées qui en feraient un fou s'il y croyait ? En tout, que peut-il bien se passer dans l'esprit d'un pape, et que peut-il bien penser de lui-mème ?
CHARLES DE HÉMITSAT